C’était un lieu qui devait être leur dernière chance, un havre de paix avant de trouver une nouvelle famille. Pour de trop nombreux chats, le refuge de l’Escouade canine en Beauce (Québec) est devenu leur tombeau, un endroit où la souffrance était quotidienne et la mort, une issue banale.
L’horreur a été révélée au grand jour lorsque l’ex-propriétaire, Simon Bédard, a plaidé coupable de cruauté animale. Les détails de l’affaire sont glaçants et témoignent d’une négligence criminelle qui a coûté la vie à un nombre incalculable de félins innocents.
Un sanctuaire transformé en piège mortel
Entre 2023 et 2024, le refuge a sombré dans le chaos. Confronté à une surpopulation massive et à des problèmes personnels, le propriétaire a complètement délaissé les animaux dont il avait la charge. Une situation qui a permis à des maladies infectieuses, décrites comme « souffrantes » et « mortelles », de se propager à une vitesse foudroyante.
Les témoignages sont insoutenables : « Les chats agonisaient dans leur cage sans recevoir de soins ». Privés de médicaments ou même d’une euthanasie pour abréger leurs souffrances, ils étaient condamnés à une lente et douloureuse agonie, seuls dans leur cage.
Abandonnés aux prédateurs et au froid
Face à la surpopulation, les solutions adoptées par Simon Bédard défient l’entendement. Il a ordonné à ses employés d’abandonner des chats dans des chemins de campagne. D’autres ont été simplement laissés dehors, près de son domicile, devenant des proies faciles pour les coyotes.
Le pire a été découvert lorsque l’on a appris sa directive pour « faire le ménage ». Des employés ont alors placé des chats, morts ou encore vivants mais malades, dans des sacs poubelles avant de les jeter dans un congélateur. Un acte d’une cruauté inouïe, qui enterrait la preuve de sa gestion catastrophique.
Une trahison motivée par l’argent
Comment un tel drame a-t-il pu se produire ? L’enquête a révélé que le manque de fonds pour les soins vétérinaires n’était pas une fatalité. Le propriétaire utilisait l’argent de l’entreprise, qui travaillait pourtant avec plus de 90 municipalités, à des fins personnelles.
Il a sciemment sacrifié la santé et la vie de ces animaux pour son propre profit. La justice doit maintenant déterminer une peine à la hauteur de cette trahison. Mais pour les nombreux chats qui ont péri dans l’indifférence, il est déjà trop tard.