L’horreur a parfois des visages que l’on ne soupçonne pas. Pour la petite Léa, 9 ans, elle avait celui de sa propre mère. Pendant des semaines, la fillette a vécu un calvaire inimaginable, fait de violences et d’humiliations insoutenables au sein même de son foyer à Rive-de-Gier, dans la Loire.
Parmi les actes les plus barbares, une abomination qui dépasse l’entendement : l’obligation de manger les excréments et les croquettes du chat de la famille. Un détail sordide qui illustre la cruauté d’un martyre quotidien, qui s’est achevé dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 2020, lorsque Léa a succombé à un coup d’une violence extrême.
Six ans après sa mort tragique, la justice n’a toujours pas rendu son verdict. Pour la famille paternelle de Léa, l’attente est une seconde torture, une blessure qui refuse de se refermer face à ce qu’ils qualifient d’« inertie des institutions ».
Un martyre de plusieurs semaines
Lorsque les secours ont découvert le corps de la fillette, les nombreuses traces de coups ont immédiatement alerté les enquêteurs. L’autopsie a révélé une réalité plus glaçante encore. Léa est morte d’une péritonite, causée par la déchirure de son intestin après un coup violent au ventre. Elle présentait aussi des fractures récentes au crâne et au nez.
Mais les examens ont surtout mis en lumière des traces plus anciennes, au niveau des côtes et du sternum. Ces blessures ont attesté que la fillette était victime de maltraitances répétées depuis plusieurs semaines. L’enquête a dévoilé un quotidien fait de coups, d’étranglements et d’actes d’humiliation d’une sauvagerie inouïe, comme l’utilisation d’une pince plate sur les tétons.
Une attente insupportable pour la famille
Mise en examen pour « actes de torture ou barbarie ayant entraîné la mort », la mère de Léa a été placée en détention provisoire. Cependant, cette détention a atteint son terme légal et elle a été remise en liberté en 2022, sous contrôle judiciaire. « La mère est dehors, nous avons vu sur les réseaux qu’elle refaisait sa vie », déplore la famille paternelle, rongée par l’angoisse et l’incompréhension.
Le parquet a récemment réclamé son renvoi devant la cour d’assises pour meurtre, une qualification qui, associée aux actes de torture, la rend passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Alors que la mère est libre, la mémoire de Léa, elle, reste suspendue à une date d’audience. Quand la justice sera-t-elle enfin rendue pour cette petite fille à qui on a tout volé ?