Pour Noëmie Durantou, l’image est gravée à jamais dans sa mémoire. Celle de sa magnifique chatte du Bengale, Calice, âgée de seulement quatre ans, gisant sans vie dans sa propre propriété. Le choc a laissé place à l’horreur en découvrant que son animal avait été empalé sur un piquet de vigne.
La douleur de la perte s’est rapidement mêlée à une quête de justice. Une plainte déposée, une enquête ouverte et, enfin, une lueur d’espoir : un adolescent de 17 ans est identifié et passe aux aveux. Il reconnaît avoir tiré sur Calice avec une carabine.
Mais cet espoir a été de courte durée. Contre toute attente, le parquet a pris une décision qui a plongé Noëmie dans un profond désarroi : l’affaire pour sévices et cruautés a été classée sans suite.
Un aveu qui ne suffit pas
Comment une telle décision a-t-elle pu être prise malgré des aveux ? La réponse se trouve dans une nuance glaçante. Si le jeune homme a bien reconnu le tir, il a formellement nié avoir empalé la pauvre Calice. Il a expliqué qu’il chassait avec des amis et qu’il avait pris la chatte pour du petit gibier.
Selon sa version, pris de panique après le tir, il se serait enfui en courant. Sans témoin direct de la scène d’empalement ni preuve matérielle liant l’adolescent à cet acte barbare, la justice s’est retrouvée dans une impasse. L’intention de commettre un acte de cruauté n’a pas pu être légalement caractérisée.
Une propriétaire dévastée par l’injustice
Pour Noëmie, ce dénouement est insupportable. D’autant que ce n’était pas la première fois que ces jeunes étaient surpris en train de tirer sur son domaine. Elle avait déjà signalé ces intrusions et ces tirs quelques jours avant le drame, sans que cela n’empêche l’irréparable.
L’adolescent ne s’en sortira pas totalement indemne, mais les sanctions sont loin de la sévérité espérée. Il devrait écoper d’une simple amende ou d’un rappel à la loi pour port d’arme et chasse sur une propriété privée. Pour la mort de Calice, il est considéré comme innocent. Face à cette impasse pénale, le seul recours de Noëmie reste désormais la justice civile, une voie longue et éprouvante pour tenter de faire reconnaître son immense préjudice.