Leur journée de travail était terminée. Alors qu’ils rentraient à la caserne, trois sapeurs-pompiers volontaires en Vendée ont vu leur destin basculer en apercevant un inquiétant panache de fumée s’échappant d’une maison à Mouilleron-Saint-Germain.
Sans une seconde d’hésitation, leur instinct a pris le dessus. Arrivés devant l’habitation, le feu est déjà bien présent et les propriétaires sont absents. C’est alors qu’un voisin, affolé, leur lance une information qui glace le sang : des animaux sont piégés à l’intérieur, prisonniers des flammes et de la fumée.
Une course contre la montre
Face à l’urgence, les pompiers n’ont pas d’autre choix que de forcer l’entrée. Ils brisent un volet et une baie vitrée pour se frayer un chemin dans le brasier. Aussitôt, trois chiens, paniqués, s’élancent vers l’extérieur pour se mettre à l’abri. Mais la mission est loin d’être terminée. Le voisin avait été formel : il y avait aussi des chatons.
La visibilité est presque nulle, l’air est irrespirable et la chaleur, intense. « Le plafond de fumée était de plus en plus bas », raconte l’adjudant-chef Samuel Girard. C’est dans ce chaos qu’ils commencent une fouille minutieuse. « Dès qu’on avançait à l’intérieur, on en trouvait un », explique-t-il. Un par un, ils découvrent dix minuscules chatons, âgés d’à peine une semaine, dispersés aux quatre coins de la maison.
Treize vies sauvées d’un acte insensé
Avec un sang-froid admirable, l’équipe parvient à réunir toute la portée et à la mettre en sécurité à l’extérieur, loin du danger. La mère, quant à elle, a probablement réussi à s’enfuir au début de l’intervention. Peu de temps après, les maîtres sont revenus, sous le choc, mais infiniment soulagés de retrouver leurs treize compagnons sains et saufs.
L’enquête révélera plus tard la cause effroyable de cet incendie. Il ne s’agissait pas d’un accident, mais d’un acte criminel volontaire, déclenché pour une dette dérisoire de 40 euros. L’auteur de cet acte insensé a depuis été condamné à une peine de prison, une bien maigre consolation face au drame qui aurait pu se jouer sans l’intervention héroïque de ces soldats du feu.