Pour Camille, le drame a une image insoutenable : celle de son chat, percuté par une voiture, agonisant sur la chaussée. Le chauffard, lui, a continué sa route sans même un regard. Ce choc a été le point de départ d’une prise de conscience douloureuse pour cette habitante de Mirebeau-sur-Bèze, en Côte-d’Or.
Car son histoire, malheureusement, n’est pas un cas isolé. Dans sa rue, limitée à 30 km/h, les excès de vitesse sont quotidiens et les conséquences, tragiques. Une voisine a déjà perdu trois de ses compagnons à quatre pattes, fauchés par des conducteurs trop pressés. La rue de la Gare est devenue un cimetière pour les chats du quartier.
Un danger permanent pour les animaux et les enfants
Au-delà du chagrin de perdre un animal, c’est une peur constante qui s’est installée. La rue est étroite, les trottoirs souvent encombrés par les voitures en stationnement, obligeant les piétons à marcher sur la route. « Il y a beaucoup de familles avec des enfants, parfois en bas âge, qui font du vélo », alerte Camille.
Chaque sortie est une source d’angoisse pour les parents. Les crissements de pneus et les démarrages en trombe sont devenus la bande-son d’un quotidien où l’on redoute l’accident. « Plusieurs fois, on est passé près du drame », confie-t-elle, la voix pleine d’inquiétude.
Des appels à l’aide restés sans réponse
Face à ce fléau, les riverains ne sont pas restés inactifs. Des courriers ont été envoyés à la mairie, des alertes ont été lancées, encore et encore. Un voisin, témoin de ce danger depuis des décennies, confirme que le problème est connu depuis des années, mais que rien ne change.
Après la mort de son chat, Camille a même lancé une pétition qui a rapidement recueilli une centaine de signatures. Déposée à la mairie, elle est restée lettre morte. La seule explication officieuse serait le coût trop élevé de ralentisseurs ou de chicanes. Une réponse qui laisse les habitants amers et désemparés. « On est bloqués, impuissants », lâche-t-elle.
Face au silence, la solidarité s’organise
Pourtant, pas question de baisser les bras. Face à l’inertie des pouvoirs publics, les habitants envisagent désormais de prendre les choses en main. L’idée de lancer une cagnotte pour financer eux-mêmes des panneaux de signalisation a même été évoquée. Une solution de la dernière chance qui en dit long sur leur désarroi.
Si la colère est immense, cette épreuve a paradoxalement renforcé les liens dans le quartier. Plus soudés que jamais, les riverains sont déterminés à se faire entendre. « On va continuer à contacter la mairie, assure Camille. Ça ne va pas en rester là. »