Les portes du 10 Downing Street n’arrêtent pas de tourner. Les Premiers ministres entrent, gouvernent, puis repartent, emportés par les vents changeants de la politique britannique. Pourtant, au milieu de ce ballet incessant, une silhouette reste, imperturbable et souveraine.
Ce n’est ni un conseiller, ni un ministre, mais un félin au pelage brun et blanc. Son nom est Larry, et il est sans doute le collaborateur le plus stable et le plus apprécié du gouvernement. Depuis plus d’une décennie, il observe l’Histoire se faire depuis le pas de sa célèbre porte noire.
Un fonctionnaire à quatre pattes
Recruté en 2011, Larry n’est pas un simple animal de compagnie. Il détient le titre officiel de « Souricier en chef du Cabinet ». Sa mission première, confiée par le bureau du Premier ministre, est de régler les problèmes de rongeurs de cette illustre résidence. Une tâche qu’il prend plus ou moins au sérieux, selon son humeur du jour.
Mais au-delà de ses talents de chasseur, Larry est devenu bien plus. Il est le comité d’accueil de tous les visiteurs de marque, le compagnon silencieux des longues nuits de négociations et le témoin impassible des crises politiques qui secouent le pays.
Témoin silencieux de l’Histoire
Sa longévité est tout simplement remarquable. Tandis que cinq Premiers ministres se sont succédé à la tête du pays, de David Cameron à Rishi Sunak, en passant par Theresa May, Boris Johnson et Liz Truss, Larry, lui, n’a jamais fait ses cartons. Il était là pendant les débats sur le Brexit, la crise sanitaire et les multiples remaniements ministériels.
Chaque nouveau leader a dû composer avec sa présence. Car une règle non écrite semble s’être installée : le Premier ministre n’est qu’un locataire, mais Larry est le véritable maître des lieux. Il apporte une touche de normalité et de douceur dans un univers souvent impitoyable.
Plus qu’un chat, une icône nationale
Avec le temps, ce chat est devenu une véritable icône, une mascotte pour toute une nation. Les touristes espèrent l’apercevoir, les journalistes commentent ses siestes au soleil et ses altercations avec les chats du voisinage. Il est un symbole de permanence dans un monde en perpétuel mouvement.
À 17 ans, Larry continue sa mission avec la dignité qui le caractérise. Il rappelle à tous que, peu importe l’agitation politique, la vie continue, rythmée par les siestes, les caresses et, occasionnellement, la chasse à la souris.