Le quotidien du refuge animalier de Touques, près de Deauville, a été bouleversé par une arrivée aussi massive qu’inattendue. Ce ne sont pas un ou deux animaux qui ont franchi les portes, mais une vague de 17 chats, débarqués en urgence un dimanche après-midi.
Dans leurs yeux, on pouvait lire la peur et la confusion. Leurs petits corps, pour certains, témoignaient d’une vie de misère. Ces boules de poils venaient d’être extraites d’un logement insalubre en Seine-Saint-Denis, où près d’une cinquantaine de félins survivaient dans des conditions effroyables.
Pour Mélanie Collemiche, la responsable du site, et son équipe de bénévoles, le choc a été immense. « Accueillir autant d’animaux d’un coup, c’est exceptionnel », confie-t-elle. Une course contre la montre s’est immédiatement engagée pour soigner, nourrir et rassurer chacun d’entre eux.
Un sauvetage hors-norme
L’opération a été menée par l’association Action protection animale, qui a saisi au total 47 chats dans cette habitation du Blanc-Mesnil. Le refuge normand a répondu présent pour en accueillir une partie, malgré une situation déjà très tendue. La plupart des box étaient déjà occupés, et la saison des chatons ne faisait que commencer.
Les premiers soins ont révélé l’étendue des dégâts. « Il y a des soins à apporter au niveau des oreilles et des yeux. Il y avait de la maigreur aussi car au nombre où ils étaient, c’était compliqué de se nourrir », explique la responsable. Chaque chat a été examiné avec attention, mais une nouvelle bien plus sombre encore attendait les soignants.
Le diagnostic tombe, la mobilisation commence
Après une série de tests, le diagnostic est tombé comme un couperet : la quasi-totalité des chats sauvés sont positifs au FIV, plus connu sous le nom de « sida du chat ». Cette maladie, transmissible uniquement entre félins, ne les condamne pas, mais elle peut effrayer les potentiels adoptants. Un chat FIV+ peut vivre de longues et belles années, à condition d’être le seul chat du foyer ou de vivre avec d’autres congénères porteurs.
Face à cette situation critique, le refuge lance un appel du cœur. Une journée portes ouvertes est organisée le 30 mai prochain, de 10h à 17h. C’est une occasion unique de rencontrer ces survivants et de leur offrir la seconde chance qu’ils méritent tant. Car derrière la maladie et les traumatismes, il y a des dizaines de cœurs qui ne demandent qu’à aimer à nouveau.