C’est une odeur insoutenable qui les saisit en premier. Une odeur qui prend à la gorge et raconte une histoire d’abandon et de détresse. Lorsque Nicolas Belhomme, élu à la condition animale de Châteaudun, ouvre la porte du cabinet vétérinaire avec la police municipale, la scène qui se dévoile est au-delà de l’imaginable.
Le local est entièrement saccagé, jonché de déjections. Au milieu de ce chaos, des dizaines de paires d’yeux les fixent, apeurés. Ce ne sont pas des patients en attente de soins, mais des prisonniers oubliés. Au total, 35 chats sont découverts, abandonnés à leur sort par la personne qui avait juré de les protéger : leur vétérinaire.
Une dérive qui ne date pas d’hier
Comment une telle situation a-t-elle pu se produire ? Une ancienne salariée du cabinet, Adeline Iraéguy, apporte un éclairage glaçant. Selon elle, la vétérinaire avait commencé à accumuler les animaux bien avant de partir. Poussée par une volonté de sauver tous les chats en détresse, elle en recueillait sans cesse, dépassant complètement ses capacités d’accueil.
« Quand j’ai quitté mon poste, il devait y avoir une soixantaine de chats dans le cabinet et les conditions d’hygiène devenaient déplorables », confie-t-elle. Les clients eux-mêmes commençaient à déserter les lieux, rebutés par le désordre et les mauvaises odeurs. Malgré une alerte auprès des services de l’État, la situation n’a fait qu’empirer, jusqu’à cet abandon final.
Quel avenir pour ces 35 rescapés ?
La vétérinaire a disparu, laissant derrière elle une simple note évoquant une « urgence familiale ». Pendant ce temps, l’association locale « les chats mail », dont l’ancienne employée est trésorière, se démène pour maintenir les animaux en vie. Chaque jour, ses bénévoles se rendent sur place pour leur apporter eau et nourriture dans un local devenu insalubre.
L’association, qui a déjà pu prendre en charge quelques-uns des chats, est à bout de souffle et lance un appel à l’aide aux grandes fondations. La mairie et les bénévoles sont déterminés à obtenir justice et s’apprêtent à déposer plainte pour maltraitance. Pour ces 35 âmes innocentes, le combat pour une nouvelle vie ne fait que commencer.