Le ciel s’assombrit soudainement au-dessus de Thorigné-d’Anjou. Pour Guylaine, qui rentre de ses courses, la journée bascule en un instant. Des gendarmes lui barrent la route et l’ordre est sans appel : il faut évacuer, tout de suite. Il n’y a pas de temps pour réfléchir, pour rassembler ses affaires ou ses souvenirs. Dans la panique, un seul réflexe, un seul amour à sauver : son chat.
« Je n’ai eu le temps de prendre que le chat », confie-t-elle, la voix encore tremblante. Tout ce qu’elle possède désormais tient dans ses bras, un petit félin terrorisé, et sur son dos, les vêtements qu’elle portait. Derrière elle, la fumée épaisse d’un gigantesque incendie dévore le paysage du Maine-et-Loire, menaçant sa maison et tout ce qu’elle a construit.
Une évacuation brutale
Le choc est immense pour cette habitante. « J’ai été évacuée sans ménagement », raconte-t-elle. En quelques secondes, sa vie a été mise sur pause. Elle a dû abandonner sa maison, ses biens, mais surtout, une partie de sa famille. L’incertitude est une torture, une angoisse qui la ronge de l’intérieur.
Dans le chaos, elle n’a aucune nouvelle de son mari, parti prêter main-forte à des voisins en détresse. L’inquiétude est à son comble. Son chat, blotti contre elle, est son seul réconfort, le seul lien tangible avec la vie qu’elle a dû laisser derrière elle dans la précipitation.
L’angoisse pour les autres animaux
Le cœur de Guylaine est aussi lourd pour ses autres compagnons. « Je n’ai pas vu nos huit chevaux qui étaient en pâture », lâche-t-elle, désemparée. Sont-ils en sécurité ? Ont-ils pu fuir les flammes ? Ces questions restent sans réponse, ajoutant à sa détresse. Pour l’heure, elle se prépare à passer la nuit chez des amis à Angers, loin de son foyer, avec pour seul bagage son fidèle chat.
Le sinistre, lui, continue de faire rage. Plus de 160 hectares sont déjà partis en fumée. Des centaines de sapeurs-pompiers, appuyés par des bombardiers d’eau, luttent sans relâche contre un ennemi attisé par la chaleur et le vent. Pour Guylaine et tant d’autres, l’attente est insoutenable, suspendue à l’espoir de retrouver ce qui a été abandonné aux flammes.