C’est une scène que l’on ne voudrait jamais voir. En forçant la porte d’un appartement à Précieux, près de Saint-Étienne, un serrurier et le propriétaire découvrent une situation terrible. Une odeur insoutenable d’urine et d’excréments flotte dans l’air, au milieu des emballages alimentaires jonchant le sol.
Au cœur de ce chaos, deux petites vies luttent pour leur survie. Un chat et un lapin, laissés à eux-mêmes depuis plus de dix jours, sans une goutte d’eau ni la moindre nourriture. Leur propriétaire, sous le coup d’une expulsion, avait tout simplement quitté les lieux en les abandonnant à leur sort.
« Ils ont eu le temps de crever de faim ! »
Convoquée à la gendarmerie, la propriétaire, une femme d’une quarantaine d’années, a livré une explication glaçante. Elle a affirmé « n’avoir pas eu le temps » de revenir s’occuper de ses animaux. Elle a ajouté ne pas avoir réussi à attraper le chat avant de partir, et que le lapin appartenait à sa fille. Des justifications qui ont fait bondir le président du tribunal.
Face à cette désinvolture, le magistrat n’a pu cacher son exaspération et son indignation. « C’est une façon de voir les choses, un peu légère », a-t-il d’abord commenté, avant de lancer une phrase qui résonne lourdement : « Les animaux, eux, ont eu le temps de crever de faim ! » Une colère partagée par tous les défenseurs de la cause animale.
Une décision de justice historique
Heureusement, l’histoire ne s’arrête pas là. La SPA de Lyon, qui a recueilli le chat et le lapin, s’est constituée partie civile. Son avocat a demandé, en plus des préjudices matériel et moral, la reconnaissance d’un « préjudice animalier ». Ce concept, déjà validé par d’autres tribunaux, permet d’indemniser directement les souffrances endurées par l’animal victime.
Le tribunal de police de Saint-Étienne a suivi cette voie, marquant une avancée majeure. La propriétaire a été condamnée à plusieurs amendes, mais surtout à verser 800 euros au titre de ce fameux préjudice animalier. Une somme qui reconnaît que ces êtres vivants ne sont pas de simples objets, mais des victimes dont la douleur doit être réparée.