Au milieu des sirènes, des évacuations et de la fumée âcre, une autre tragédie se joue en silence. Celle de créatures sans voix, piégées par un enfer de flammes qui a ravagé des dizaines d’hectares entre Sainte-Marie et Canet-en-Roussillon. Pour elles, pas d’ordres d’évacuation, juste la terreur pure face à un mur de feu qui avance inexorablement.
Ces victimes oubliées, ce sont les animaux. Et plus particulièrement une colonie de chats libres qui avait trouvé refuge près du camping du Brasilia, l’une des zones les plus durement touchées. Leur vie paisible, rythmée par les visites quotidiennes des bénévoles, a volé en éclats en quelques heures à peine.
Une colonie de 50 chats en grand danger
L’association Les Chats’mis Canétois, qui veille sur eux chaque jour, est dévastée. « Vivent entre 40 et 50 chats libres dont nous nous occupons chaque jour, sans compter plusieurs chatons qu’il nous restait encore à trapper pour les mettre en sécurité », expliquent-ils, la voix chargée d’angoisse. Aujourd’hui, leur impuissance est totale.
Leur message poignant révèle l’ampleur du drame : « Notre cœur se serre en imaginant ces petits êtres, terrorisés, tentant de fuir les flammes. Nous n’avons aucune idée s’ils ont tous pu trouver un refuge ou une issue pour échapper à cet enfer ». Pour ne rien arranger, le point de nourrissage essentiel à leur survie a été entièrement détruit par le feu.
Un élan de solidarité inattendu
Face à ce drame, une formidable chaîne de solidarité s’est immédiatement mise en place. D’autres associations, comme Un Gîte Une Gamelle, ont proposé d’accueillir en urgence les animaux des familles évacuées. « Si vous devez évacuer votre domicile et que vous ne savez pas où mettre votre chien ou votre chat, nous pouvons les accueillir temporairement », ont-ils assuré.
Très vite, des dizaines de particuliers ont suivi le mouvement, offrant sur les réseaux sociaux des terrains, des boxes ou simplement un toit pour des chiens, des chats, mais aussi des poneys ou des chèvres. Alors que l’accès à la zone sinistrée reste interdit, l’attente est insoutenable pour les bénévoles. Chaque minute compte dans l’espoir de retrouver les survivants de cette colonie décimée.