« Nous n’avons pas dormi depuis deux jours » : leur fils est accusé à tort, leur vie bascule

Accusés à tort d'un acte barbare sur un chat, deux jeunes et leurs familles sont harcelés. Leurs vies se transforment en cauchemar après la fuite de leurs données.

Un père regarde son téléphone avec une expression d'inquiétude, le visage de son fils adolescent est visible derrière lui, flouté.

Crédits photos - La vie de deux familles a été bouleversée par une vague de haine en ligne.

06:08

Leur vie a basculé en quelques heures. Pour deux familles, l’une dans les Vosges et l’autre en Savoie, un simple téléphone qui sonne est devenu une source de terreur. Tout a commencé par une vague de haine sur les réseaux sociaux, visant à identifier l’auteur d’un acte de cruauté insoutenable envers un chat.

Mais la justice populaire du web s’est trompée de cible. Deux jeunes hommes de 19 ans, qui n’avaient rien à voir avec cette histoire, ont vu leurs noms, photos et adresses jetés en pâture. Depuis, le quotidien de leurs proches est un cauchemar éveillé, rythmé par des appels anonymes, des insultes et des menaces de mort glaçantes.

Une erreur d’identité aux conséquences dramatiques

Pour le jeune homme des Vosges, alternant en industrie, le piège s’est refermé à cause d’une simple ressemblance de nom avec le véritable suspect. Une coïncidence qui a suffi à déchaîner les enfers. « J’ai dû changer de numéro de portable, c’était invivable », confie son père, contraint de prendre des mesures radicales pour protéger les siens.

En Savoie, le scénario est tout aussi effroyable pour un autre jeune de 19 ans, scolarisé en CFA. Personne ne comprend comment son nom a pu être associé à cette affaire. Pourtant, la menace est bien réelle. La police a même prévenu la famille que des groupes s’organisaient pour venir leur « faire la peau ».

« Nous avons peur pour eux » : des familles contraintes de se cacher

Face à cette situation terrifiante, les deux familles ont dû abandonner leur vie normale. « Nous avons retiré notre fils de son alternance ainsi que nos autres enfants scolarisés au lycée et au collège car nous avons peur pour eux », explique le père vosgien. Le travail, l’école, tout s’est arrêté.

Même son de cloche en Savoie, où le beau-père du jeune homme avoue, brisé : « Nous n’avons pas dormi depuis deux jours ». Les enfants ont été envoyés ailleurs, loin du danger. Pour ne rien arranger, le CFA du jeune homme a d’abord relayé la fausse information sur ses propres réseaux avant de la démentir, amplifiant le drame. « Comment ont-ils pu faire ça sans vérifier ? », s’indigne la mère.

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Ffontanil.mfr%2Fposts%2Fpfbid02VLxGqmFhSx3dgVLwXmuQM5TsBt7o5dydHWh2PotfisCUqR6Wx3skpzzrR9yqXgFdl&show_text=true&width=500

La justice en quête de responsables

Pendant que ces familles innocentes subissent ce calvaire, l’auteur présumé des faits, un adolescent de 16 ans, a été interpellé. Mais le mal est fait. Des plaintes ont été déposées par les familles pour harcèlement et menaces de mort. Une enquête est également en cours pour retrouver la personne à l’origine de cette fake news dévastatrice. Elle risque jusqu’à six mois de prison et une lourde amende, un bien faible prix à payer face à des vies brisées.

À lire aussi

Anaïs Tarande
Anaïs Tarande

Anaïs est une amoureuse inconditionnelle des animaux, avec une passion particulière pour les chats. Elle combine son amour pour les félins avec ses compétences en rédaction pour apporter des informations utiles et des conseils précieux aux propriétaires de chats, tout en partageant ses propres expériences en tant que "humaine" de deux adorables chats.