Leur vie a basculé en quelques heures. Pour deux familles, l’une dans les Vosges et l’autre en Savoie, un simple téléphone qui sonne est devenu une source de terreur. Tout a commencé par une vague de haine sur les réseaux sociaux, visant à identifier l’auteur d’un acte de cruauté insoutenable envers un chat.
Mais la justice populaire du web s’est trompée de cible. Deux jeunes hommes de 19 ans, qui n’avaient rien à voir avec cette histoire, ont vu leurs noms, photos et adresses jetés en pâture. Depuis, le quotidien de leurs proches est un cauchemar éveillé, rythmé par des appels anonymes, des insultes et des menaces de mort glaçantes.
Une erreur d’identité aux conséquences dramatiques
Pour le jeune homme des Vosges, alternant en industrie, le piège s’est refermé à cause d’une simple ressemblance de nom avec le véritable suspect. Une coïncidence qui a suffi à déchaîner les enfers. « J’ai dû changer de numéro de portable, c’était invivable », confie son père, contraint de prendre des mesures radicales pour protéger les siens.
En Savoie, le scénario est tout aussi effroyable pour un autre jeune de 19 ans, scolarisé en CFA. Personne ne comprend comment son nom a pu être associé à cette affaire. Pourtant, la menace est bien réelle. La police a même prévenu la famille que des groupes s’organisaient pour venir leur « faire la peau ».
« Nous avons peur pour eux » : des familles contraintes de se cacher
Face à cette situation terrifiante, les deux familles ont dû abandonner leur vie normale. « Nous avons retiré notre fils de son alternance ainsi que nos autres enfants scolarisés au lycée et au collège car nous avons peur pour eux », explique le père vosgien. Le travail, l’école, tout s’est arrêté.
Même son de cloche en Savoie, où le beau-père du jeune homme avoue, brisé : « Nous n’avons pas dormi depuis deux jours ». Les enfants ont été envoyés ailleurs, loin du danger. Pour ne rien arranger, le CFA du jeune homme a d’abord relayé la fausse information sur ses propres réseaux avant de la démentir, amplifiant le drame. « Comment ont-ils pu faire ça sans vérifier ? », s’indigne la mère.
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La justice en quête de responsables
Pendant que ces familles innocentes subissent ce calvaire, l’auteur présumé des faits, un adolescent de 16 ans, a été interpellé. Mais le mal est fait. Des plaintes ont été déposées par les familles pour harcèlement et menaces de mort. Une enquête est également en cours pour retrouver la personne à l’origine de cette fake news dévastatrice. Elle risque jusqu’à six mois de prison et une lourde amende, un bien faible prix à payer face à des vies brisées.