À Osorno, dans le sud du Chili, la séparation d’un couple s’est terminée devant les tribunaux pour un motif peu commun. Au cœur du litige se trouvait Perseo, un chat âgé de 5 ans, dont la garde s’organisait jusqu’alors mois par mois au commissariat local.
Mais pour le félin, ces déménagements mensuels répétés sont devenus une véritable source de détresse. Pris de tremblements et d’un stress important à chaque transfert, Perseo manifestait une réelle souffrance émotionnelle. Sa maîtresse a donc décidé de saisir la justice pour réclamer sa garde exclusive.
L’affaire est montée jusqu’à la plus haute juridiction du pays. La Cour suprême chilienne a finalement tranché en faveur de la maîtresse, marquant un tournant juridique majeur pour le statut des animaux de compagnie.
Un changement juridique majeur pour le bien-être animal
Jusqu’à présent, le Code civil chilien assimilait les chiens et les chats à de simples « biens mobiliers ». En première instance, le juge avait donc appliqué le droit de copropriété en fixant une garde alternée stricte entre les deux anciens conjoints.
Cependant, les magistrats ont estimé que la santé de l’animal devait l’emporter sur la propriété de ses maîtres. Comme le raconte Courrier international, la Cour suprême a souligné dans son arrêt : « La réglementation relative à la protection des animaux exige que l’on considère l’animal de compagnie non pas seulement comme un bien meuble mobile […], mais aussi comme un être sensible dont le bien-être doit être protégé ».
La reconnaissance des animaux comme êtres sensibles
Cette décision historique crée un précédent fondamental dans le système judiciaire chilien. Le chat Perseo devient ainsi le symbole d’une évolution des mentalités qui remet en cause le statut purement matériel des animaux domestiques.
Les juges pourront désormais s’appuyer sur ce jugement pour faire prévaloir l’équilibre émotionnel et la protection des animaux lors des divorces et des séparations conflictuelles.