Il était devenu leur petit rituel. Chaque jour, Guilly, un adorable chat libre, venait rendre visite à Joséphine et sa famille dans le Pas-de-Calais pour partager un repas et quelques caresses. Mais début mars, le petit félin ne répond plus à l’appel. L’inquiétude grandit au fil des jours, laissant place à un silence pesant.
Après plusieurs jours de recherches angoissantes, Joséphine aperçoit enfin un mouvement sur un terrain voisin. Elle appelle son nom, « Guilly ! », et une réponse déchire le silence : un hurlement de pure douleur. La scène qui s’offre alors à ses yeux est insoutenable.
Le pauvre animal est prisonnier, la patte avant droite broyée par un piège à mâchoire, un dispositif barbare et interdit en France depuis 1995. Terrorisé et souffrant le martyre, Guilly se débat tandis que le mari de Joséphine peine à le libérer de l’étau d’acier.
Une amputation inévitable
Transporté d’urgence chez le vétérinaire, le verdict tombe, terrible et sans appel. « Il y avait une gangrène, la circulation du sang a été coupée trop longtemps au niveau des tissus, on n’a pas eu le choix », explique le Dr Anne Verbeke. La patte de Guilly, trop abîmée, a dû être amputée.
Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. La vétérinaire a déjà soigné d’autres animaux victimes de ces pièges cruels, et Joséphine se souvient qu’une voisine a vécu le même drame avec son chat il y a cinq ans. Une preuve, s’il en fallait, que des individus malintentionnés continuent d’utiliser ces engins de torture en toute illégalité.
Un combat pour la justice et un nouvel avenir
Indignée par cet acte de cruauté, la Fondation 30 Millions d’Amis, au nom de laquelle le chat était identifié, a immédiatement déposé plainte. Une enquête de gendarmerie est désormais en cours pour retrouver le ou les responsables de cet acte odieux.
Aujourd’hui, Guilly, âgé de 3 ans, est en convalescence chez Joséphine, entouré d’amour et de soins. Sa vie de chat vadrouilleur est terminée. Avec trois pattes, survivre à l’extérieur est devenu trop dangereux. « S’il croise un chien ou une voiture, il ne pourra pas courir aussi vite qu’avant », prévient la vétérinaire. Le petit rescapé doit maintenant s’habituer à une vie de chat de maison, un nouveau départ pour panser ses blessures, physiques comme psychologiques.