Tout a commencé par le bruit assourdissant d’une bagarre canine. En ce mois d’avril dans l’Oise, des voisins alertent les gendarmes, inquiets de la violence de l’affrontement. En arrivant sur les lieux, à Puiseux-le-Hauberger, les militaires découvrent une scène qui leur glace le sang.
Dans la cour d’un modeste pavillon, un jeune staffie gît au sol, agonisant. Il est couvert de plaies béantes. À ses côtés, un dogue argentin et un autre chien sont eux aussi grièvement blessés. Le spectacle est terrible, mais le pire est encore à venir. Lorsque les forces de l’ordre franchissent le seuil de la maison, une odeur insoutenable les saisit à la gorge.
Une scène de chaos et de misère
L’intérieur du logement est dans un état d’insalubrité avancé. Des excréments et de l’urine jonchent le sol. C’est dans ce chaos que les gendarmes découvrent trois autres chiens adultes – un bull terrier, un cane corso et un autre staffie – ainsi que trois chiots. Tous sont dans un état lamentable, présentant des blessures anciennes et des signes évidents de manque de soins.
Malgré une prise en charge d’urgence dans une clinique vétérinaire, le jeune staffie blessé dans la cour n’a pas survécu. Les six autres chiens et les trois chiots ont, eux, été saisis et confiés à une association de protection animale qui prendra soin d’eux et leur offrira une chance de se reconstruire.
La piste des combats de chiens privilégiée
Le propriétaire, un homme d’une trentaine d’années déjà connu pour des faits similaires, a été immédiatement placé en garde à vue. Selon le maire de la commune, l’individu ne vivait pas en permanence sur place, laissant les animaux livrés à eux-mêmes, sans eau ni nourriture, pendant plusieurs jours.
L’enquête, ouverte par le parquet de Beauvais, s’oriente vers la piste de combats de chiens organisés. La nature des blessures et la présence de plusieurs molosses puissants renforcent cette terrible hypothèse. Pour de tels actes de cruauté ayant entraîné la mort, la loi prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Une sanction sévère pour un drame qui rappelle l’importance de signaler toute situation de maltraitance animale.