« C’était mon bébé », murmure Tatiana, le cœur brisé. Sur son téléphone défilent les souvenirs heureux avec Pamela, son adorable bichon maltais de trois ans. Une photo la montre, toute petite, buvant son biberon blottie dans ses bras. C’était avant que le dernier cliché de sa galerie ne devienne une scène d’horreur : la petite boule de poils blanche, à peine plus grosse qu’un chat, gisant dans une mare de sang.
Ce qui devait être une soirée paisible en famille s’est transformé en un véritable cauchemar. Pour Tatiana et ses proches, la perte de Pamela n’est pas un simple incident. C’est la disparition brutale d’un membre de leur famille, un compagnon de vie qui dormait à leurs côtés et qui, le jour de sa mort, avait rendez-vous au salon de toilettage. Une routine brisée par un drame aussi soudain qu’incompréhensible.
Une intervention qui vire au drame
Tout a basculé lors d’une intervention policière dans le quartier où réside la famille à Stains, en Seine-Saint-Denis. Venus pour une interpellation, les agents ont pénétré dans l’enceinte des logements, créant une vague de panique. Dans la confusion, des cris ont éclaté. Selon les témoins, l’ambiance, habituellement festive le dimanche soir, est devenue chaotique et angoissante en quelques secondes.
Nicolae, le mari de Tatiana, est sorti pour comprendre ce qu’il se passait. C’est à ce moment que Pamela, l’un de leurs trois chiens, s’est échappée. Un policier a alors fait feu, atteignant la petite chienne d’une balle en pleine tête. Nicolae, impuissant, n’a pu que constater la mort instantanée de leur animal de compagnie.
Un acte de cruauté ?
Selon une source policière, l’agent aurait été mordu au mollet, sa chienne n’accrochant que son pantalon sans le blesser. Une version que la famille conteste fermement. « Si l’agent de police prouve qu’il a été mordu par mon chien, je retirerais ma plainte », a déclaré Tatiana, assurant que Pamela, qui pesait à peine dix kilos, n’était absolument pas agressive.
D’ailleurs, la race du bichon maltais n’est classée dans aucune catégorie de chiens dangereux. Elle est même réputée pour son caractère docile et affectueux. Une enquête pour « sévices graves ou acte de cruauté ayant entraîné la mort » a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances exactes de ce tir.
Une famille traumatisée
Le drame ne s’est pas arrêté là. Nicolae affirme avoir ensuite été mis en joue par le même policier. Pour la famille, le traumatisme est immense. « Moi, je pleurais sur mon chien et eux riaient de moi », confie Tatiana, encore sous le choc. Pour cette femme qui considérait les policiers comme des héros, la désillusion est totale. Au-delà de la peine, c’est un sentiment d’injustice qui domine, la sensation que leur douleur n’a pas été entendue ce soir-là.