Pour Élodie, la promenade quotidienne avec sa chienne Daisy s’est transformée en une scène d’horreur. En quelques secondes, tout a basculé. L’American Staff de sa voisine a surgi, s’échappant par un trou dans la clôture, et s’est jeté sur son petit animal sans défense.
Élodie a eu le réflexe de saisir Daisy dans ses bras pour la protéger, mais la fureur de l’autre chien était inarrêtable. « J’ai directement crié pour qu’elle arrive à récupérer son chien et en fait c’était trop tard. Elle a directement plongé sur le chien », raconte-t-elle, encore sous le choc. Pour elle, l’intention ne faisait aucun doute : « C’était pour tuer le chien ».
Un drame qui se répète
Ce n’est malheureusement pas un incident isolé. Ce même passage dans la clôture avait déjà été la source d’un drame un an plus tôt. En protégeant Daisy d’une première agression, Élodie avait perdu une phalange. Malgré une plainte déposée à l’époque, rien n’a changé, et la peur s’est installée durablement dans le quartier.
Élodie est aujourd’hui désemparée et en colère. Elle pointe du doigt la responsabilité de la propriétaire du molosse. « Je pense que la propriétaire n’est pas une personne qui doit détenir des chiens de ce type-là », confie-t-elle, épuisée par cette situation qui met sa famille et son animal en danger constant.
Daisy, une survivante traumatisée
Personne ne sort indemne de cette violence. Daisy a survécu, mais les séquelles sont profondes. Avec une ou deux côtes cassées et de multiples plaies à la cuisse et au ventre, sa convalescence physique sera longue. Mais c’est surtout le traumatisme psychologique qui inquiète sa famille, qui la voit désormais terrorisée à l’idée de sortir.
Que dit la loi pour ces chiens ?
Les chiens comme l’American Staff, le Rottweiler ou le Pitbull sont souvent classés comme potentiellement dangereux et leur détention est encadrée. La loi impose des conditions strictes, comme l’installation d’une clôture renforcée d’au moins deux mètres de haut et une déclaration en mairie.
Cependant, pour les professionnels, la race ne fait pas tout. « Un chien bien sociabilisé, depuis tout petit, bien repris en main, dans des bonnes conditions, il évoluera favorablement », rappelle Amandine Jadoul de la SPA. « Peu importe sa race, c’est ce qu’on lui apporte qui changera tout pour lui ». Une piqûre de rappel essentielle : derrière chaque chien, il y a un maître dont la responsabilité est entière.