C’est une scène qui glace le sang. Ce dimanche-là, sur le boulevard Poincaré à Perpignan, des passants assistent à un spectacle insoutenable. Sous leurs yeux, un petit chien chute violemment du premier étage d’un immeuble et atterrit sur le trottoir, gravement blessé.
Ce petit fox-terrier, qui ressemble étrangement au Milou de Tintin, est immédiatement secouru. Mais derrière ce qui pourrait être un tragique accident se cache une histoire bien plus sombre et complexe. Pris en charge par l’association Masepo, le petit rescapé se bat aujourd’hui pour sa vie.
Une réponse qui sème le trouble
Après la chute, les témoins ont tenté de comprendre. En sonnant aux interphones, ils ont fini par retrouver la propriétaire du chien. Selon la présidente de l’association, la réponse de cette dernière aurait été d’une froideur déconcertante. « Une dame aurait confirmé qu’il s’agissait de son chien, mais qu’elle n’en voulait plus », explique-t-elle.
Elle aurait même laissé ses coordonnées, « au cas où il fallait signer des papiers d’abandon ». Des mots qui ont immédiatement fait basculer l’histoire du côté de la maltraitance volontaire. L’association a donc décidé de porter plainte pour que justice soit faite pour ce petit être sans défense.
Un lourd combat pour la survie
Le bilan vétérinaire est lourd. Baptisé Milou par ses sauveurs, le chien souffre d’une double fracture à la patte, qui nécessite une opération complexe et coûteuse. Les soignants craignent également un traumatisme crânien et une fracture du bassin. Non identifié et non vacciné, son état de négligence semble évident.
Pour la petite association, le coût des soins est un véritable défi. « On ne s’en sort plus financièrement et nous avons besoin d’aide », déplore la présidente, qui se bat pour offrir à Milou une seconde chance.
La famille se défend et parle d’un accident
Pourtant, la famille du chien réfute totalement ces accusations. Dans un courrier, le fils de la propriétaire a donné une version très différente des faits. Il explique que l’animal était avec son jeune frère, « atteint d’un trouble du spectre autistique », et qu’un « accident s’est malheureusement produit ».
Il précise également que sa mère, ne maîtrisant pas bien le français, aurait été mal comprise. Son intention n’aurait été que de contacter ses enfants pour organiser les soins vétérinaires. Entre l’accusation d’un acte de cruauté et la thèse de l’accident tragique, Milou, lui, continue son long chemin vers la guérison, espérant un avenir plus doux.