C’était une promenade comme les autres, un rituel quotidien rempli de complicité. Charlotte Delmas et son jeune braque de Weimar, Ginkgo, profitaient du grand air sur le sentier des Capitelles, près de Carcassonne. Mais ce moment de bonheur a basculé en quelques secondes lorsque Charlotte a vu son chien avaler quelque chose au sol. Sur le coup, elle n’y prête pas plus attention, pensant à un simple brin d’herbe.
Le retour à la maison a viré au cauchemar. Ginkgo n’était plus le même. « Il sort sa langue, il n’est pas bien », raconte sa maîtresse, la voix brisée. Très vite, les symptômes s’aggravent de manière terrifiante. Le chien de quatre ans et demi est pris de convulsions, incapable de tenir sur ses pattes arrière. Une course contre la montre s’engage alors vers la clinique vétérinaire.
« Il se met entre mes jambes, ses pattes arrière paralysées »
Dans la voiture, l’état de Ginkgo empire, confirmant les pires craintes de Charlotte. Une fois pris en charge par le vétérinaire, elle rentre chez elle, rongée par l’angoisse. L’appel tombe quelques heures plus tard, à 22 heures. Ginkgo n’a pas survécu. « Je suis détruite », confie-t-elle. Pour cette femme sans enfant, la perte est immense : « Mon chien était toute ma vie. »
Le lendemain, encore sous le choc, Charlotte demande à une amie de publier un message d’alerte sur Facebook. Elle ne s’attendait pas à ce qui allait suivre. Son histoire personnelle a révélé une réalité bien plus sombre. « Trois personnes se rendent compte qu’elles ont vécu la même chose au même endroit », réalise-t-elle.
Un sentier maudit et une communauté sous le choc
En moins d’une semaine, ce ne sont pas un, mais quatre chiens qui ont perdu la vie après avoir foulé ce même sentier. Le drame prend une autre ampleur. L’information remonte jusqu’à la mairie du village de Conques-sur-Orbiel, qui prend immédiatement une décision radicale : un arrêté municipal interdit l’accès au site, évoquant une « suspicion d’empoisonnement ».
L’alerte s’est rapidement propagée au sein de la petite commune, créant une vague d’émotion et de peur parmi les propriétaires d’animaux. C’est via les réseaux sociaux que la solidarité s’est organisée pour prévenir d’autres drames.
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L’ombre de l’empoisonnement
Le vétérinaire qui a suivi Ginkgo a constaté des symptômes similaires chez les autres victimes : une paralysie du train arrière, des convulsions violentes et des pupilles dilatées. Ces signes cliniques orientent les soupçons vers une molécule neurotoxique, le « métaldéhyde », souvent présente dans les produits anti-limaces.
S’agit-il d’un acte de malveillance ou d’un accident tragique ? Quatre plaintes ont été déposées et une enquête a été ouverte par la gendarmerie pour faire toute la lumière sur cette série noire. En attendant des réponses, les maîtres endeuillés se soutiennent, unis dans la même douleur et la même incompréhension.