« Ils peuvent bouger et jouer » : sa défense pour 3 chiens dans 1m² scandalise le tribunal

Dans l'Yonne, une découverte terrible met au jour un élevage illégal. 38 chiens, 12 chats et 45 oiseaux vivaient dans des conditions déplorables.

Un gendarme porte un chien Golden Retriever dans ses bras lors d'un sauvetage dans une ferme de l'Yonne.

Crédits photos - Plus de 90 animaux ont été secourus de conditions de vie indignes.

11:15

C’est une scène qui dépasse l’entendement. En poussant la porte d’une habitation à Piffonds, dans l’Yonne, les gendarmes découvrent une situation terrible. Une odeur d’urine « suffocante » saisit à la gorge, des rats et des souris se faufilent dans les recoins, et au milieu de ce chaos, des dizaines d’animaux attendent un secours qui n’arrive pas.

Le spectacle le plus insoutenable se trouve dans des cages exiguës. Trois gros chiens, des retrievers et des labradors, sont entassés dans à peine un mètre carré, sans même une gamelle d’eau. Non loin, des chats sont prisonniers d’une cage à oiseaux. Au total, 38 chiens, 12 chats et 45 oiseaux seront sauvés de cet enfer.

« Ils peuvent bouger, dormir et jouer »

Face au tribunal de Sens, la principale prévenue, une femme de 52 ans qui gérait cet « élevage passion » avec sa mère et sa sœur, nie toute maltraitance. Lorsque le président du tribunal l’interroge sur les conditions de vie des chiens, sa réponse glace l’audience. « Dedans, ils peuvent bouger, dormir et jouer », assure-t-elle sans ciller.

Une affirmation choquante, bien loin de la réalité et de la législation qui impose un minimum de cinq mètres carrés par animal. Même la vétérinaire citée par la défense a dû admettre que les cages étaient bien trop petites et que les chiens « n’ont pas assez d’espace pour vivre ».

Une réalité bien plus sombre

Derrière les dénégations se cache une souffrance bien réelle, constatée par les experts. Les certificats vétérinaires établis après la saisie sont accablants. Presque tous les chiens étaient infestés de vers, certains souffraient d’otites ou portaient des tumeurs. Le manque de soins était évident, des griffes trop longues aux oiseaux déplumés.

Cet élevage non déclaré permettait de « passer sous les radars des contrôles », comme l’a souligné une avocate des parties civiles. Une situation catastrophique pour ces animaux considérés comme de simples marchandises.

Quel avenir pour ces rescapés ?

« Il est inenvisageable qu’elles aient des animaux demain », a martelé la procureure, réclamant une interdiction de détenir un animal pendant cinq ans ainsi que des peines de prison avec sursis. Pour elle, il n’y a eu « aucune prise de conscience » de la part des prévenues.

Pour les 95 animaux rescapés, c’est le début d’une nouvelle vie. Confiés à des associations, ils ont enfin pu découvrir ce que signifient les soins, l’espace et l’affection. Une seconde chance qu’ils n’auraient jamais dû avoir à attendre.

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Alexandre Gauneau
Alexandre Gauneau

Alexandre est un passionné incontesté du monde animal. Originaire de la région de Bordeaux, sa fascination pour tous types d'animaux a été évidente dès son enfance. Cette passion l'a conduit à poursuivre une carrière dédiée à la compréhension, à la protection et à la sensibilisation sur le règne animal. En tant que contributeur principal à Histoires d'Animaux, Alexandre partage régulièrement ses connaissances sur une variété de sujets liés au monde animal.