La nuit n’est plus synonyme de paix sur les hauteurs de Castres, dans le Tarn. Pour les éleveurs, elle est devenue une longue attente angoissée, un silence troublé par la peur d’une nouvelle attaque. Depuis plusieurs mois, la vie des hameaux est rythmée par une terreur sourde et invisible.
En cause, un duo de chiens qui agirait comme une meute organisée. Un dogue argentin et un malinois, échappant à toute surveillance, rôderaient dans la nature, frappant au cœur de la nuit. Ils laissent derrière eux des scènes d’une violence inouïe, plongeant les habitants dans un désarroi total.
Un réveil en plein cauchemar
Pour Roland Pinte, éleveur, le dernier assaut a viré au drame personnel. Réveillé en pleine nuit par les hurlements de panique de ses animaux, il a découvert un spectacle d’horreur. « Je ne pouvais même pas ouvrir mon portail, les chiens avaient massacré une bête juste devant », confie-t-il, la voix encore tremblante d’émotion.
La vision qui l’attendait est insoutenable. Une de ses brebis gisait dans le sang, un agneau avait disparu, et son bélier était gravement mordu. Mais le pire se trouvait un peu plus loin. « Il y avait une petite noire que j’adorais, dans le ruisseau, complètement déchiquetée. J’ai ramassé mes brebis encore chaudes, l’une d’elles portait des jumeaux. J’ai pleuré », lâche-t-il dans un souffle.
La peur s’installe dans la vallée
Le cas de Roland Pinte n’est malheureusement pas isolé. Un autre éleveur, Laurent Alvarado, partage la même détresse, tout comme un habitant dont les ânes ont été récemment attaqués. De Saint-Hippolyte à Galibran, la peur s’est installée durablement. Ces attaques répétées ne sont pas seulement une perte économique, elles sont un traumatisme profond pour ces hommes et ces femmes qui aiment leurs animaux.
Aujourd’hui, une course contre la montre est engagée pour identifier et retrouver les deux chiens avant qu’ils ne frappent à nouveau. Pour les habitants de la vallée, chaque lever de soleil est teinté d’angoisse : qui sera la prochaine victime ?