C’était une belle journée d’été sur la terrasse d’un restaurant à Anglet. Une scène familiale paisible, jusqu’à ce que tout bascule en une fraction de seconde. La petite Ambre, âgée d’un an et demi, s’est approchée d’un rottweiler. Le chien, non muselé, lui a sauté dessus et l’a mordue au crâne.
Le chaos a envahi la terrasse. Le père, aidé par le compagnon de la propriétaire, s’est battu pour libérer sa fille de la mâchoire du chien. Transportée en urgence, la fillette a été opérée pour de graves blessures. « Je pensais que ma fille était morte », a confié le père, encore sous le choc, lors de l’audience.
« Je sais que je suis responsable »
Au tribunal, la propriétaire du chien, une jeune femme de 28 ans, est dévastée. Elle reconnaît sa faute, les larmes aux yeux. Elle explique avoir retiré la muselière d’Uko, son rottweiler, parce qu’il faisait très chaud. « Je voulais qu’il puisse respirer », a-t-elle murmuré, profondément affectée.
Elle assure n’avoir jamais eu de problème avec son chien auparavant. Une décision prise pour le confort de l’animal, qui a pourtant viré au drame. Elle s’est excusée auprès de la famille, espérant de tout cœur que la petite fille pourra grandir sans séquelles.
Le destin d’Uko au cœur du débat
Aujourd’hui, Ambre va mieux, même si elle reste méfiante à l’approche des chiens. Mais une question demeure : que va-t-il advenir d’Uko ? Pour l’avocate de la famille, la réponse est claire. L’expertise a classé la dangerosité du chien à un niveau élevé, le décrivant comme un prédateur pour les jeunes enfants.
Face à elle, une association de défense des animaux se bat pour éviter l’euthanasie. Elle propose de prendre en charge Uko et de le placer dans un refuge adapté. Le chien, âgé de moins de neuf mois au moment des faits, doit-il payer pour l’erreur de sa maîtresse ?
Une décision en suspens
L’avocat de la défense a soulevé des points de droit sur l’obligation de la muselière en terrasse. Mais pour le procureur, la responsabilité est engagée. Il a requis six mois de prison avec sursis contre la propriétaire, ainsi que l’euthanasie du chien.
La décision finale n’a pas encore été rendue. Le sort d’Uko, comme le long chemin de la reconstruction pour la petite Ambre et sa famille, reste suspendu au jugement du tribunal.