Imaginez un instant que l’on vous ordonne de mettre fin à la vie de votre plus fidèle compagnon. C’est le dilemme insoutenable auquel ont été confrontés les habitants de Hossana, une ville du centre de l’Éthiopie. Une décision brutale, imposée suite à un drame sanitaire, qui a transformé des foyers aimants en scènes de déchirement.
Après la mort tragique de trois enfants des suites de la rage, la panique s’est emparée de la ville. Des groupes communautaires locaux ont pris une décision radicale et terrible : tous les chiens devaient être abattus. Et ce, sans distinction, que l’animal soit vacciné ou non. Une directive accompagnée de menaces de lourdes amendes et même d’arrestations pour les récalcitrants.
Un choix impossible et déchirant
Pour des centaines de familles, l’ordre a sonné comme un coup de tonnerre. Comment obéir à une telle injonction ? Un habitant, préférant garder l’anonymat par peur de représailles, a partagé son histoire bouleversante. Il n’a pas eu la force de tuer lui-même son animal. « J’ai décidé de ne pas le tuer moi-même, mais de les laisser faire sans que je le voie. Je les ai livrés, et il a été tué un peu loin du village », a-t-il confié.
Son chagrin est immense. « Je suis très attristé par la perte de mon chien, qui a vécu avec moi pendant cinq ans et qui faisait la fierté de notre maison ». Un crève-cœur d’autant plus grand que son chien, comme près de 70% des chiens de la ville, avait bien été vacciné contre la rage.
Une cruauté dénoncée par les autorités
Les scènes qui ont suivi ont été d’une violence inouïe. Des témoins ont rapporté des euthanasies forcées, des animaux battus à mort ou même pendus. Un vétérinaire local, Alaazar Ayele, s’est dit « profondément attristé », estimant entre 400 et 450 le nombre de chiens tués en quelques jours. « C’est immoral et inacceptable d’un point de vue religieux, culturel et juridique », a-t-il dénoncé.
Le maire de la ville, Samuel Shigute, a qualifié ces abattages d’« illégaux », affirmant qu’ils n’avaient jamais été ordonnés par son administration. Il a depuis demandé à la police d’enquêter pour que les responsables de cette vague de cruauté soient identifiés et tenus pour responsables de leurs actes.