Au petit matin, lors d’une tournée habituelle dans la commune de Pollença sur l’île de Majorque, des éboueurs entendent de légers gémissements provenant d’un conteneur à déchets. En inspectant la poubelle, ils font une triste découverte : un setter anglais gravement malade et blessé y a été jeté sciemment.
Alertée sans attendre, la police locale prend immédiatement en charge l’animal affaibli. Le pauvre chien souffrait d’une leishmaniose avancée non soignée, de multiples lésions cutanées et d’une blessure oculaire irréversible ayant entraîné la perte d’un œil. L’enquête judiciaire a rapidement permis de retrouver l’auteur des faits, qui n’était autre que le propriétaire du chien.
L’affaire a finalement débouché sur un jugement précis devant les tribunaux espagnols pour répondre de ces actes de cruauté.
Une peine de prison ferme maintenue en appel
Poursuivi pour maltraitance animale, l’individu a affirmé pour sa défense qu’il pensait sa chienne déjà morte au moment de s’en débarrasser. Les magistrats ont rejeté cet argument, estimant qu’il était parfaitement conscient de l’état critique de l’animal et du risque mortel encouru sans prise en charge vétérinaire.
Condamné en première instance à six mois de prison ferme par le tribunal de Palma, l’homme a fait appel. La Cour provinciale des îles Baléares a confirmé la peine d’emprisonnement, prenant en compte le fait qu’il avait versé 1 100 euros pour participer aux frais de soins pendant la procédure.
La juridiction a néanmoins choisi d’annuler les poursuites distinctes pour abandon et a réduit la peine d’interdiction de détention d’animaux de trois à deux ans, confirme L’Indépendant dans ses colonnes.
Un nouveau départ pour la chienne sauvée
Prise en charge par des vétérinaires dès son sauvetage, la chienne a pu recevoir des traitements adaptés à sa maladie parasitaire. Bien que la leishmaniose ne se guérisse pas totalement, un suivi médical approprié lui permet aujourd’hui de mener une vie paisible et sans souffrance.
Retirée définitivement à son ancien maître, la chienne a été placée sous la tutelle d’une association de protection animale qui veille sur son bien-être. De son côté, l’homme aura la possibilité légale de reprendre un animal à l’issue de ses deux années d’interdiction.