C’est une journée de printemps comme les autres à Beaune, en Côte-d’Or. Un jeune garçon de 11 ans passe l’après-midi chez son ami et voisin. Les deux familles s’entendent bien, et les enfants profitent du jardin pour s’amuser. Une scène de vie paisible, qui va basculer en quelques secondes dans l’horreur.
À l’intérieur de la maison, derrière la baie vitrée, le chien de la famille, un American Staffordshire Terrier, observe la scène. D’habitude, il est mis à l’écart dans le garage en présence d’invités. Mais pas cette fois. Pour une raison encore inconnue, l’animal parvient à sortir et se rue immédiatement sur le jeune invité.
La mère de son ami a beau lui crier de ne pas courir, il est trop tard. Le chien lui saute au visage, et le cauchemar commence.
Une attaque d’une violence inouïe
La scène est d’une brutalité terrible. Le chien s’acharne sur l’enfant, le mordant de la tête aux pieds. Le bilan est effroyable : des blessures profondes à la joue, au palais, à l’oreille, derrière la tête, sur un bras et même à un pied. Le drame semble inévitable, mais le garçon va avoir un réflexe qui lui sauvera la vie.
Dans un éclair de lucidité et un incroyable instinct de survie, il se jette dans la piscine hors-sol installée dans le jardin. Ce geste désespéré met fin à l’attaque. Pris en charge par les secours, il subira une opération de plus de trois heures. Par miracle, aucun nerf ni tendon vital n’a été touché. Il a pu quitter l’hôpital quelques jours plus tard, mais restera marqué à vie.
Un drame qui aurait pu être évité
Au-delà de l’attaque, l’enquête ouverte par la police a révélé un manquement grave. La propriétaire du chien ne disposait pas du permis de détention, pourtant obligatoire pour un American Staffordshire Terrier, classé comme chien de catégorie 2. Ce document atteste que le propriétaire a suivi une formation et que le chien a subi une évaluation comportementale.
La mère du jeune garçon a porté plainte. Le chien, quant à lui, a été confié à la SPA en attendant les résultats d’une nouvelle expertise comportementale. Celle-ci décidera de son sort, et s’il doit ou non être euthanasié. Un drame qui soulève une nouvelle fois la question de la responsabilité des maîtres de chiens dits « dangereux ».