Pour 1,5 million d’abonnés, Chutou était bien plus qu’un chien. C’était un compagnon d’aventure, un border collie au regard vif qui parcourait la Chine aux côtés de son maître, l’influenceur Guo. Leurs voyages, partagés en ligne, inspiraient des milliers de personnes. Mais cette belle histoire a basculé dans l’horreur la plus totale.
Pendant que son maître était en déplacement, Chutou profitait paisiblement des champs chez les parents de Guo. C’est là que l’impensable s’est produit. Des images de vidéosurveillance montrent deux individus s’approcher à vélo électrique, s’emparer du chien en quelques secondes et disparaître. Alerté, Guo est rentré précipitamment, déclenchant une vague de recherches à travers tout le pays grâce à sa communauté.
Une confrontation glaçante
Grâce à la mobilisation, le voleur a été identifié. Face caméra, confronté par Guo, l’homme livre une version des faits qui glace le sang. Il explique avoir pris Chutou pour un chien errant et l’avoir vendu pour seulement 180 yuans, soit environ 23 euros. La destination ? Un restaurant, où le fidèle compagnon a été abattu pour être mangé.
Sans la moindre once de remords, le ravisseur s’agace même de la situation. « Le chien est mort, alors arrêtez de faire des histoires. Je n’ai enfreint aucune loi », lance-t-il à un propriétaire anéanti. Des paroles d’une cruauté insoutenable qui révèlent un vide juridique effrayant.
Un combat pour la justice
En Chine, la loi offre peu de protection aux animaux de compagnie, souvent considérés comme de simples biens. Une affaire de vol ne peut être poursuivie pénalement que si la valeur de l’objet volé dépasse un certain seuil. Le combat de Guo est donc double : faire le deuil de son ami et se battre pour que sa valeur, bien au-delà de l’aspect financier, soit reconnue.
En s’appuyant sur la notoriété de Chutou, il espère obtenir justice et, au-delà de son cas personnel, éveiller les consciences. Cette tragédie a ravivé un vif débat dans le pays sur la consommation de viande de chien et la nécessité d’une loi pour protéger ceux qui, pour des millions de gens, sont des membres de la famille à part entière.