Imaginez la scène. Une femme s’approche de vous, l’air paniqué. Elle vous tend son téléphone, vous montrant la photo d’un adorable chien. Elle l’a perdu, elle a besoin d’aide. Votre cœur se serre, vous voulez la réconforter. Prise par l’émotion, elle vous enlace longuement pour vous remercier de votre écoute.
Ce geste, qui semble si sincère, est en réalité un piège redoutable. Le temps de cette étreinte, un bijou, une montre ou un collier disparaît de votre corps sans que vous ne sentiez rien. Ce scénario n’est pas une fiction : il se répète dans les Pyrénées-Orientales, laissant des victimes sous le choc et démunies.
Un souvenir inestimable arraché en un instant
Brigitte se promenait avec son propre chien à Canet-en-Roussillon quand elle a été abordée. L’inconnue, avec un fort accent espagnol, lui a raconté son histoire de chien perdu. « Elle me remerciait, en me disant « Bellissima, bellissima… » », raconte Brigitte. L’étreinte a été rapide, mais terriblement efficace.
Ce n’est que quelques heures plus tard, en rentrant chez elle, qu’elle a découvert l’impensable. Son collier en or, un cadeau de son défunt mari d’une valeur de 4 000 euros, avait disparu. « C’est comme si mon mari était mort une deuxième fois », confie-t-elle, dévastée. La valeur sentimentale de l’objet était bien plus grande que son prix. « Cette femme est très douée, car moi, je mettais du temps avant de réussir à l’enlever ! »
Une ruse qui se propage sur la côte
Le cas de Brigitte n’est malheureusement pas isolé. Les gendarmes lui ont confirmé qu’une autre femme avait subi le même sort à Saint-Cyprien. Le mode opératoire est toujours identique, et la description de la voleuse correspond : petite, brune, cheveux mi-longs, habillée en noir.
À Narbonne, Alain a failli être la prochaine victime. En fauteuil roulant, il se promenait quand une femme a surgi derrière lui, lui parlant en espagnol de son chien égaré. « Elle m’a enlacé une première fois puis une deuxième. C’était très dérangeant », explique-t-il. En repartant, il a senti sa chaîne pendre dans son dos. Par chance, la voleuse n’avait pas réussi à l’ouvrir. Plusieurs plaintes ont été déposées, et la vigilance est de mise.