Un après-midi de vacances qui bascule dans l’horreur. Dans une résidence du 18e arrondissement de Paris, les rires d’enfants ont laissé place aux cris de panique. Une fillette de 10 ans, venue simplement jouer avec une amie, a été violemment attaquée par deux chiens.
La scène est d’une brutalité inouïe. Alors qu’elle croisait une autre enfant promenant les deux animaux, l’un d’eux s’est jeté sur elle. Les morsures s’enchaînent aux mains, au pied, au mollet. Transportée en urgence à l’hôpital, la jeune victime est aujourd’hui hors de danger, mais profondément marquée, tout comme sa mère à son chevet.
Pour les habitants de l’immeuble, le choc est immense, mais la surprise, elle, est absente. Ce drame, beaucoup le redoutaient et l’avaient annoncé. L’émotion se mêle aujourd’hui à une profonde colère face à des avertissements restés sans réponse.
Une tragédie annoncée depuis des mois
Ce n’était un secret pour personne. Le propriétaire des chiens était connu pour son comportement problématique. Selon de nombreux témoignages, il laissait régulièrement ses animaux sans laisse dans les parties communes. Pire encore, il s’appropriait l’aire de jeux réservée aux enfants.
« Il les mettait dedans et fermait la porte avec une corde », raconte un voisin excédé. Les enfants étaient sommés de quitter les lieux pour que les chiens puissent « se défouler ». Cette situation intenable durait depuis des années. Des courriers avaient été envoyés au bailleur, signalant le danger et les nuisances permanentes. En vain.
Des alertes ignorées et un climat de peur
Face aux signalements répétés, les démarches administratives se sont enlisées. Des courriers recommandés, une sommation de cesser les troubles… des actions qui n’ont jamais eu d’effet concret sur le terrain. Les chiens continuaient de circuler librement, terrorisant les locataires.
Au-delà de la peur des animaux, un climat de tension s’était installé. Le propriétaire des chiens aurait eu plusieurs altercations avec ses voisins, allant jusqu’à des menaces qui ont conduit au dépôt d’une plainte. Aujourd’hui, les résidents sont sous le choc, mais surtout amers. « On avait dit qu’il allait y avoir un drame », répètent-ils, la voix brisée. Leur colère est celle de ceux qui ont crié dans le désert, jusqu’à ce que l’inévitable se produise.