« Piquez-le ou c'est moi qui vais le faire » : il avoue que son chien a tué sa compagne enceinte

« Piquez-le ou c'est moi qui vais le faire ». Au cœur d'un procès bouleversant, un homme reconnaît enfin la terrible vérité sur la mort de sa compagne.

Un sentier forestier sombre et désert en automne dans la forêt de Retz, en France, évoquant le lieu du drame.

Crédits photos - Le drame s’est produit lors d’une promenade dans la forêt de Retz, près de Soissons.

15:04

Le silence s’est fait lourd dans la salle d’audience du tribunal de Soissons. Face aux juges, Christophe Ellul, qui défendait son chien Curtis depuis des années, a fini par céder. La voix brisée, il a reconnu l’impensable : son animal est bien celui qui a ôté la vie à sa compagne, Elisa Pilarski.

Ce revirement spectaculaire a glacé l’assemblée. Pendant des mois, le jeune homme avait pointé du doigt une meute de chasse à courre, cherchant un autre coupable. Mais ce jour-là, confronté à une preuve qu’il ne pouvait plus nier, le mur de ses certitudes s’est effondré.

Le drame, survenu en novembre 2019, avait ému la France entière. Elisa, âgée de 29 ans et enceinte de six mois de leur petit garçon, Enzo, avait été retrouvée sans vie dans une forêt de l’Aisne, le corps couvert de morsures.

Une expertise accablante

C’est une expertise scientifique qui a scellé le destin de Curtis. Les analyses ont été formelles : les mensurations des dizaines de morsures relevées sur le corps d’Elisa correspondaient parfaitement à la mâchoire du pitbull. Elles écartaient définitivement la piste des chiens de chasse présents non loin ce jour-là.

« Les mensurations parlent d’elles-mêmes apparemment. Aujourd’hui, oui, je l’accepte et je le crois », a finalement déclaré Christophe Ellul. Une admission douloureuse, prononcée par celui qui, la veille encore, lançait : « Si Curtis est coupable, piquez-le ou c’est moi qui vais le faire, mais mettez sur la table les preuves ».

Un chien au lourd passé

L’histoire de Curtis est elle-même troublante. Importé illégalement des Pays-Bas, ce chien avait déjà montré des signes d’agressivité alarmants. La présidente du tribunal a rappelé des faits glaçants : quelques jours après la mort d’Elisa, Curtis avait violemment mordu Christophe Ellul lui-même.

Placé en chenil, l’animal s’en était ensuite pris sauvagement à une bénévole. « Un chien, ça ne mord pas jusqu’au moment où ça mord », a souligné la magistrate. Ces mots résonnent aujourd’hui comme un terrible avertissement, laissant une famille brisée par un drame que personne n’a su ou pu empêcher.

À lire aussi

Alexandre Gauneau
Alexandre Gauneau

Alexandre est un passionné incontesté du monde animal. Originaire de la région de Bordeaux, sa fascination pour tous types d'animaux a été évidente dès son enfance. Cette passion l'a conduit à poursuivre une carrière dédiée à la compréhension, à la protection et à la sensibilisation sur le règne animal. En tant que contributeur principal à Histoires d'Animaux, Alexandre partage régulièrement ses connaissances sur une variété de sujets liés au monde animal.