Face à la montée inexorable des eaux, le cœur de Laurence Gratton s’est serré. Non pas pour sa maison, mais pour les huit petites vies qui venaient tout juste de naître. Éleveuse passionnée, elle s’est retrouvée piégée par la crue, seule avec ses chiens et une portée de chiots Berger blanc suisse âgés de quelques jours à peine.
Son élevage, « Entre Ciel et terre », était devenu une île fragile au milieu du chaos. Les pompiers, mobilisés sur tous les fronts, ne pouvaient intervenir pour les animaux. L’angoisse montait, chaque minute comptait pour ces petites créatures si vulnérables.
Alors que la situation semblait désespérée, l’espoir est arrivé sous une forme inattendue : un engin de chantier. Au volant, Guillaume, un habitant du coin, venu fendre les flots pour offrir une bouée de sauvetage.
Une évacuation hors du commun
Le temps était compté. « Je ne peux pas faire plusieurs trajets », a prévenu Guillaume. Immédiatement, un incroyable élan de solidarité s’est organisé. Le premier voyage a permis de mettre en sécurité les trois chiennes adultes et quelques affaires essentielles. Laurence se souvient avec émotion de ces « inconnus merveilleux, plus chaleureux les uns que les autres ».
Mais la mission la plus délicate restait à accomplir : sauver la maman, Raquel, et ses huit nouveau-nés. Une opération millimétrée a été mise en place pour préserver la chaleur et le calme de la petite famille. Chaque geste était précis, chaque personne jouait un rôle essentiel.
La force d’une chaîne humaine
Un jeune couple, alerté par la situation, est arrivé avec un utilitaire pour transporter tout le monde vers un lieu sûr. Les deux petits-fils de Laurence, âgés de 12 et 14 ans, ont aussi mis la main à la pâte, transportant caisses et bagages avec courage. Cette épreuve a révélé la force des liens familiaux et locaux.
L’accueil a été tout aussi touchant. Christine et François, propriétaires d’un gîte, ont ouvert leurs portes sans hésiter à Laurence et à toute sa tribu à quatre pattes. Un havre de paix où les chiots ont pu continuer de grandir, loin du danger. « La vraie inquiétude, c’était mes chiots », confie l’éleveuse, soulagée. Son histoire est la preuve que face à l’adversité, la plus grande force réside dans l’entraide.