C’est une crise silencieuse et déchirante qui se déroule loin des regards. À Dubaï, face à un contexte géopolitique tendu, de nombreux expatriés font leurs valises. Mais dans leur départ précipité, certains laissent derrière eux le plus fidèle des compagnons : leur animal de compagnie.
Les témoignages des bénévoles sur place dressent un tableau insoutenable. Des chiens attachés à des lampadaires, des chatons livrés à eux-mêmes dans des cartons, ou pire, un lapin abandonné dans sa cage avec sa nourriture intacte. Leurs regards perdus racontent une trahison, celle d’avoir été réduits à un simple objet, trop encombrant pour faire partie du voyage.
Des refuges au bord de l’asphyxie
Les associations de protection animale sont submergées. « En une seule journée, j’ai reçu pas moins de 27 messages désespérés », confie la gérante d’un refuge. Le message est souvent le même, brutal et sans appel : soit vous récupérez notre animal, soit nous l’abandonnons dans la rue. Une pression immense pour ces structures qui manquent déjà de moyens et de place pour faire face à cet afflux soudain.
Des excuses qui glacent le sang
Le plus choquant reste peut-être les justifications avancées. Certains propriétaires, y compris des personnalités publiques et influenceurs, n’hésitent pas à contacter des vétérinaires pour une demande impensable : euthanasier leur animal en parfaite santé. La raison ? Éviter la complexité des démarches administratives ou les frais liés à leur transport. Une excuse qui a provoqué une vague d’indignation.
D’autres, comme une influenceuse française, ont justifié avoir laissé leur chienne sous prétexte que l’emmener était « trop compliqué car trop de paperasses ». Une décision qui contraste douloureusement avec la loyauté inconditionnelle de nos compagnons. Comme le rappelle une association : « Un chien, lui, ne quitterait jamais son humain pour sauver sa peau. C’est toute la différence entre la loyauté… et le confort. »