Le soleil tape fort sur l’asphalte de l’autoroute A7. Au milieu du flot incessant de véhicules, une voiture est immobilisée sur la bande d’arrêt d’urgence. Une scène malheureusement banale pour les patrouilles de la CRS autoroutière, mais ce jour-là, l’instinct des agents leur dit que quelque chose ne tourne pas rond.
En s’approchant du Renault Espace, les policiers peinent à voir à l’intérieur à cause des vitres surteintées. Ils collent leur visage à la vitre et leur sang ne fait qu’un tour. Derrière les sièges avant, une paire d’yeux terrifiés les fixe. Un chien, à bout de forces, tente de se cacher de la chaleur écrasante.
Un sauvetage sous 40 degrés
Chaque minute compte. L’habitacle est une véritable fournaise. Pour ne pas effrayer davantage l’animal et agir en toute sécurité, les CRS prennent une décision rapide : faire remorquer le véhicule jusqu’à leur base. Une fois sur place, ils parviennent enfin à ouvrir la portière.
La vague de chaleur qui s’en échappe est suffocante. Le thermomètre grimpe jusqu’à 40°C. L’animal, un American Staffordshire Terrier, est apeuré mais semble soulagé. Il sort de sa prison de métal, sain et sauf, et se laisse approcher par ses sauveurs en uniforme.
La mascotte du commissariat
Il est trop tard pour contacter un refuge. Qu’à cela ne tienne, le molosse passera la nuit au commissariat. Baptisé « Big » par les effectifs, il se révèle être un chien adorable et très bien éduqué. Loin d’être une contrainte, il devient rapidement la mascotte de l’équipe de nuit.
Nourri, abreuvé et couvert de caresses, Big reprend des forces, ignorant que l’enquête pour comprendre son histoire progresse à grands pas. Les policiers sont loin de se douter de la tournure que vont prendre les événements.
Une vérité qui dépasse la fiction
Grâce aux informations du véhicule, les CRS identifient et contactent son propriétaire. Au téléphone, l’homme est sous le choc. Il explique aux policiers que sa voiture lui a été volée trois jours plus tôt. Puis, la voix brisée, il ajoute un détail qui glace le sang : son chien se trouvait à l’intérieur.
Ce n’était pas un abandon, mais un enlèvement. Pendant trois longues journées, cet homme a vécu dans l’angoisse, imaginant le pire pour son fidèle compagnon. Le lendemain, Big a été placé temporairement dans un refuge, le temps que les enquêteurs finalisent les vérifications pour qu’il puisse enfin retrouver les bras de son maître.