Pour cet éleveur de l’Entre-Deux, la soirée de samedi s’annonçait paisible. Vers 20 heures, comme à son habitude, il jette un œil à ses caméras de surveillance pour s’assurer que tout est en ordre dans son exploitation. Mais ce qu’il découvre sur l’écran le fige sur place.
Une silhouette canine se déplace avec agitation dans le parcours en plein air de ses poules pondeuses. L’instant d’après, c’est une scène de chaos qui se déroule sous ses yeux, impuissant derrière son écran. Un chien s’acharne sur ses animaux, semant la panique et la mort dans l’enclos qu’il pensait pourtant sécurisé.
Un réveil brutal au cœur de l’exploitation
Sur place, la découverte est un véritable crève-cœur. Une cinquantaine de poules pondeuses, âgées de 25 semaines et prêtes à produire, gisent sans vie. Pour Yannick Frontin, éleveur et maraîcher passionné, le choc est immense. C’est la première fois en quinze ans d’activité qu’il fait face à une attaque d’une telle ampleur.
L’exploitation, qui s’étend sur près d’un kilomètre de périmètre, regroupe plusieurs activités. C’est le fruit d’un travail acharné, aujourd’hui durement touché.
Un chien errant identifié
Comment le drame a-t-il pu se produire ? L’enclos, grillagé et électrifié, était jugé efficace jusqu’à présent. Mais les fortes pluies récentes ont visiblement fragilisé le sol, permettant au chien de se faufiler sous la clôture. L’animal a été identifié grâce aux images de vidéosurveillance : il s’agirait d’un chien de type Royal Bourbon.
Malgré une tentative de capture pendant la nuit, l’animal court toujours. Dès le lendemain matin, des dispositifs de piégeage ont été installés pour tenter de le retrouver et éviter une nouvelle tragédie. La présence de chiens errants dans le secteur était connue, mais jamais un tel carnage n’avait eu lieu.
« La perte est importante »
Au-delà du choc émotionnel, le préjudice financier est considérable. « Une poule pondeuse prête à pondre est vendue autour de 15 euros », explique l’éleveur. Ces poules devaient assurer une production durant des centaines de jours. La perte se chiffre à plusieurs centaines, voire milliers d’euros.
C’est un coup dur pour cet agriculteur qui voit le travail de plusieurs mois anéanti en l’espace de quelques minutes. Il reste aujourd’hui avec sa peine et l’inquiétude qu’un tel drame ne se reproduise.