Pour Louna, 23 ans, la douleur de perdre sa chatte Blanchette s’est transformée en un véritable cauchemar. Percuté dans une rue de Saint-Malo, l’animal avait été ramassé par les services de la ville. Mais le coup de téléphone que tout propriétaire attend dans ces cas-là n’est jamais venu.
Pourtant, Blanchette était identifiée par une puce électronique, cette petite capsule censée être un lien indéfectible avec sa famille. Sans la vigilance d’une voisine, qui a vu le ramassage, Louna serait restée dans une attente insoutenable, sans jamais savoir ce qu’il était advenu de sa compagne à quatre pattes.
Un sac poubelle dans un congélateur
Commence alors une quête angoissante. Après plusieurs appels sans réponse à la mairie et à la fourrière, c’est un autre voisin, Philippe, qui prend le relais. Ses recherches le mènent finalement aux serres municipales, où il fait une découverte glaçante. Le corps de la petite Blanchette se trouvait là, dans un congélateur, glissé à l’intérieur d’un simple sac poubelle.
L’horreur ne s’arrête pas là. Il apprend que « le lendemain, elle partait à l’équarrissage ! ». Grâce à la ténacité de ses voisins, Louna a pu récupérer la dépouille de sa chatte in extremis. Elle a pu lui offrir les adieux dignes qu’elle méritait, un soulagement immense au milieu de son chagrin.
« À croire que faire pucer son chat ne sert à rien »
Cette épreuve a laissé un goût amer et une question lancinante : pourquoi personne n’a scanné la puce de Blanchette ? Louna et ses voisins ont découvert avec stupeur que les agents qui ont trouvé le corps n’étaient pas équipés d’un lecteur. « J’ai été très déçue, confie-t-elle. À croire que faire pucer son chat ne sert à rien… »
Face à leur désarroi, ils ont décidé d’interpeller la mairie. Combien de familles, comme celle de Louna, restent sans nouvelles, incapables de faire leur deuil parce que leur animal a été traité comme un simple déchet sur la chaussée ?
Une promesse pour l’avenir
Touchée par ce « malheureux concours de circonstances », l’adjointe au maire en charge de la condition animale a reconnu une faille. La procédure habituelle via la police municipale n’a pas été suivie. Elle a assuré que les services concernés seraient désormais équipés de lecteurs de puces.
L’élue s’est engagée à ce que ce drame ne se reproduise plus. Une maigre consolation pour Louna, mais un espoir pour tous les propriétaires d’animaux. Le souvenir de Blanchette aura au moins permis d’éviter que d’autres familles ne vivent la même angoisse.