C’est une histoire qui commence comme un conte de fées et qui vire au cauchemar administratif. Pour Aimée, tout a débuté par un geste de pure compassion : recueillir un chat errant, visiblement mal en point, qui avait trouvé refuge dans sa grange. Un acte de bonté qui, deux ans et demi plus tard, la conduit au bord du tribunal.
Le petit félin, qu’elle a baptisé Pompom, souffrait et avait besoin de soins urgents. « Nous l’avons nourri et soigné, car le pauvre souffrait de gingivite. Nous avons dû par deux fois lui faire arracher des dents », explique-t-elle. Sans puce ni tatouage, et personne ne le réclamant pendant de longs mois, Pompom est devenu un membre à part entière de la famille.
Aimée a officialisé son adoption 18 mois après son arrivée, pensant offrir une seconde chance méritée à cet animal abandonné. Mais le rêve s’est brisé net le jour où les gendarmes ont frappé à sa porte.
Un sauvetage qui tourne au cauchemar
Le motif de la visite des forces de l’ordre a laissé Aimée sans voix : une plainte pour vol de chat. Des personnes se présentant comme les anciens propriétaires de Pompom réclamaient soudainement leur animal, plus de deux ans après sa disparition. Pour Aimée, c’est l’incompréhension totale. Elle se retrouve projetée dans un engrenage judiciaire qu’elle juge totalement disproportionné.
« Convocation, test ADN, photo… pire qu’un grand bandit », raconte-t-elle, encore sous le choc. Elle a le sentiment de devoir se justifier pour avoir simplement sauvé une vie, pour avoir offert un foyer aimant à un animal qui n’en avait plus. L’affaire prend alors une tournure encore plus absurde.
Une demande surréaliste et des menaces
La situation devient grotesque lorsque les plaignants lui auraient expliqué la raison de leur soudain intérêt. « Ses soi-disant anciens propriétaires le voulaient pour partir en vacances en Espagne et me le redonneraient après », confie Aimée. Une demande qu’elle a logiquement refusée, rappelant qu’un animal n’est pas un objet que l’on se prête au gré de ses envies.
Aujourd’hui, la pression monte d’un cran. Convoquée devant un conciliateur de justice, Aimée se sent menacée. « On me dit ouvertement que ça serait préférable que je leur donne le chat, car sinon je risque le correctionnel ». Face à ce qu’elle considère comme une injustice flagrante, elle refuse de baisser les bras, se raccrochant à la loi qui stipule qu’un animal errant non identifié est considéré comme abandonné. Son combat est devenu celui du bon sens contre l’absurdité.