Guilly était leur petit rayon de soleil. Ce chat libre, un peu timide mais gourmand, avait fini par leur accorder sa confiance. Chaque jour, la famille de Joséphine, dans le Pas-de-Calais, attendait sa visite avec impatience. Puis, du jour au lendemain, le silence.
Plus un miaulement, plus une ombre furtive près de la gamelle. L’inquiétude grandit. Après plusieurs jours de recherches vaines, la famille entend enfin quelque chose bouger sur un terrain voisin. Joséphine appelle « Guilly ! », et une plainte déchirante lui répond. Un hurlement de douleur et de terreur.
Une découverte insoutenable
La scène est terrible. Le pauvre Guilly a la patte avant droite broyée, prisonnière d’un piège à mâchoire. Ces dispositifs barbares sont pourtant formellement interdits en France depuis 1995. Le mari de Joséphine peine à libérer le félin, terrorisé et souffrant le martyre. Une fois l’animal extrait, ils filent en urgence chez le vétérinaire.
Le diagnostic est malheureusement sans appel. « Il y avait une gangrène, la circulation du sang a été coupée trop longtemps au niveau des tissus, on n’a pas eu le choix », explique la vétérinaire. Pour sauver Guilly, il faut l’amputer. Une lourde opération pour ce jeune chat de 3 ans.
Une nouvelle vie à réinventer
Aujourd’hui, Guilly est en convalescence chez ses sauveurs. Ce n’est plus un chat des rues, mais un rescapé qui doit s’adapter à une vie sur trois pattes, et surtout, à une vie en intérieur. Pour sa sécurité, il ne peut plus vagabonder. Un chien ou une voiture pourraient lui être fatal, sa vitesse de fuite étant désormais réduite.
Face à cet acte de cruauté, la Fondation 30 Millions d’Amis a porté plainte contre le propriétaire du terrain où le piège a été découvert. Une enquête de gendarmerie est en cours. Pour Guilly, le plus dur est passé. Entouré d’amour, il réapprend à faire confiance et découvre les joies d’un foyer où plus personne ne lui fera de mal.