Tout commence par un appel qui semble routinier. Au bout du fil, une crèche du quartier Junot, à Dijon, signale la présence de chatons dans ses buissons. Pour les bénévoles de l’association Curly & Cie, c’est une mission de sauvetage comme tant d’autres. Ils s’attendent à trouver une maman et sa portée, une situation touchante mais gérable.
Mais en arrivant sur place, la réalité les frappe de plein fouet. Ce n’est pas une, mais trois chattes et leurs petits qui se terrent dans les feuillages. L’innocente cour de récréation s’est transformée en maternité sauvage. Dès la première nuit, une femelle et ses cinq chatons sont mis en sécurité. Le lendemain, une autre et ses quatre petits les rejoignent. Mais ce n’était que le début d’une découverte bien plus vaste et bouleversante.
« C’est pire qu’en Crète » : une colonie cachée en pleine ville
Rapidement, les bénévoles comprennent que le problème dépasse largement la cour de la crèche. « Vous arrivez là-bas à 20 heures avec des croquettes et il y en a partout autour de vous », témoigne Mathilde Paquelier, la présidente de l’association. Une véritable colonie, estimée à près de 60 chats, survit dans le quartier. La plupart sont affaiblis par des maladies comme le coryza.
« Honnêtement, je n’ai jamais vu ça. C’est pire qu’en Crète », souffle-t-elle, encore sous le choc de l’ampleur de la situation. Une scène difficile à imaginer, où des dizaines de silhouettes félines apparaissent à la tombée de la nuit, attirées par la promesse d’un peu de nourriture.
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Trois bénévoles face à une urgence sanitaire
Face à cette marée de détresse, ils ne sont que trois. Trois bénévoles dévoués qui se relaient jour et nuit pour tenter de maîtriser la prolifération. « On dort dans nos voitures la nuit pour surveiller les cages trappes, alors qu’on travaille toute la journée », confie la présidente, épuisée. Chaque capture représente une lueur d’espoir, mais aussi un coût immense.
Entre l’identification, la stérilisation et les soins, la facture grimpe vite, atteignant jusqu’à 150 euros par chat. Sans aucune subvention, l’association dépend entièrement des dons et des familles d’accueil pour continuer sa mission. C’est une course contre la montre, car chaque semaine qui passe, la colonie risque de s’agrandir encore.
Un appel à l’aide pour éviter le pire
Cette situation critique n’est pas nouvelle, mais elle a atteint un point de non-retour. L’association Curly & Cie lance aujourd’hui un appel désespéré. Elle recherche des bénévoles pour les opérations de capture, mais aussi des personnes pouvant accueillir temporairement ces animaux ou simplement prêter leur jardin pour y installer des cages.
Le combat est immense, mais chaque geste compte pour offrir à ces dizaines de chats une chance de sortir de la rue. L’histoire de ce quartier de Dijon est un rappel poignant que derrière chaque chat errant se cache une urgence silencieuse qui ne peut être résolue sans la mobilisation de tous.