Au refuge de Tollevast, près de Cherbourg, les allées résonnent d’un triste écho. La fin de la période estivale laisse un bilan alarmant dans la Manche. Les abandons d’animaux ont bondi de 20 % cet été par rapport à l’année précédente.
Sur place, la structure accueille près de 90 pensionnaires. On y croise des chats, des oiseaux, mais aussi de petits nouveaux comme Spéculos, un jeune lapin à l’air coquin. Pourtant, ce sont les chiens qui occupent la majorité des espaces disponibles.
En ce début de mois de septembre, 37 chiens attendent une famille, sans compter ceux inscrits sur liste d’attente. La majorité d’entre eux sont des bergers allemands ou des malinois. Des animaux pleins d’énergie qui requièrent une attention constante.
Des besoins physiologiques souvent sous-estimés
ICI a recueilli le témoignage de Fabienne Renouf, responsable du refuge normand depuis 33 ans. Pour la première fois de sa longue carrière, elle observe une saturation aussi importante de ses locaux.
Selon elle, la cause principale réside dans le manque d’information des adoptants. Les malinois et bergers allemands sont des chiens de travail par excellence. Ils sont souvent sélectionnés pour la recherche ou la détection de stupéfiants. Privés d’activités stimulantes quotidiennes, ils développent des comportements difficiles à gérer pour des maîtres non préparés.
« Les gens ne réfléchissent pas assez », déplore la responsable. L’achat impulsif conduit ainsi trop fréquemment à la séparation précoce d’avec l’animal.
Une sensibilisation nécessaire pour des adoptions durables
Face à ce constat, le refuge de la Manche tient à rappeler des règles simples. L’accueil d’un compagnon à quatre pattes reste un engagement sur le long terme. Il exige du temps, des moyens financiers et une grande patience au quotidien.
Pour sensibiliser le public, la structure organise des journées portes ouvertes au début du mois d’octobre. L’événement permettra d’échanger directement avec les soigneurs et de rencontrer les animaux disponibles. Une démarche indispensable pour concrétiser des projets d’adoption responsable. Et vous, seriez-vous prêt à adapter votre mode de vie pour accueillir dignement un chien de travail ?