Le soir du 9 juillet, Monique pensait rentrer tranquillement chez elle, dans sa petite maison de Scrignac. Elle venait de déverrouiller sa porte d’entrée quand l’impensable s’est produit. En un instant, son hall d’entrée est devenu une scène de chaos et de pure terreur.
Neuf chiens, des labradors croisés, se sont rués sur elle. Menaçants, aboyant avec fureur, ils s’étaient faufilés chez elle par une porte arrière, profitant d’un grillage troué qui séparait sa propriété de celle de son voisin. L’un d’eux l’a violemment mordue à la jambe. Pour Monique, ce n’était pas une attaque surprise, mais le point culminant d’un véritable cauchemar éveillé.
Un quotidien devenu un enfer
Depuis son arrivée dans ce havre de paix breton, la vie de Monique était devenue « intenable ». Cette aide-soignante, qui cultivait son potager et élevait poules et chèvres, subissait les foudres de son voisin. Régulièrement, elle retrouvait ses poules mortes ou disparues, ses chèvres agressées, et son jardin souillé par les chiens, dont elle avait dénombré jusqu’à 56 différents sur la propriété voisine. Les menaces et les insultes étaient devenues son quotidien.
L’attaque du 9 juillet a été la goutte d’eau. La morsure s’est infectée, irradiant toute sa jambe et la conduisant à l’hôpital. Malgré ses plaintes déposées des années auparavant et ses appels à l’aide auprès du maire, rien n’avait changé. Elle avait même découvert des carcasses d’animaux dans la cour de son voisin, baignant dans un liquide nauséabond.
La défense choquante du propriétaire
Convoqué par la justice, le propriétaire des chiens, Stéphane, n’a même pas daigné se présenter. Sa défense, rapportée par les gendarmes, a de quoi surprendre. Selon lui, ses chiens jouissaient de « bonnes conditions de vie » et s’il s’en sont pris à Monique, c’est parce qu’elle-même les « frappe ». Il l’aurait vue un jour, une « fourche à la main ».
Une version qui n’a pas convaincu la cour, d’autant que le casier judiciaire de cet homme de 56 ans est lourd. Il a déjà été condamné à 17 reprises, notamment pour des faits similaires de « blessures involontaires par agression d’un chien » et de « détention d’animal malgré une interdiction judiciaire ». Finalement, la justice a confirmé sa peine : six mois de prison ferme, l’interdiction de détenir un animal et 1 000 € à verser à sa victime. Un soulagement pour Monique qui, même si son voisin a déménagé, reste profondément marquée par cette terrible épreuve.