C’est une histoire qui a bouleversé tout un quartier près de Rouen. Une nuit de novembre, un drame a éclaté, laissant une famille en deuil et un homme face à un acte irréparable. Accusé d’avoir ôté la vie à Symba, le chien de sa voisine, il a longtemps gardé le silence.
Aujourd’hui, alors que la justice semble se diriger vers un classement sans suite, Sébastien* a décidé de parler. Il veut raconter sa vérité, celle d’une soirée où la peur a tout emporté. Loin des jugements rapides, son témoignage lève le voile sur une situation bien plus complexe qu’il n’y paraît.
Son récit n’est pas celui d’un acte de cruauté, mais celui d’une spirale infernale qui l’a poussé à commettre l’impensable pour se protéger, lui et les siens. Une décision prise en quelques secondes, qui le hante encore aujourd’hui.
Un stress permanent depuis plus d’un an
Pour comprendre, il faut remonter le temps. Sébastien décrit des mois d’angoisse. Selon lui et d’autres voisins, Symba était souvent laissé en liberté, errant dans la résidence. « Au début, je ne me rendais pas compte du problème », explique-t-il. Mais le comportement du chien, surtout avec ses congénères, devenait préoccupant.
Une première altercation violente avait déjà eu lieu un an auparavant. Sa compagne avait été blessée en tentant de séparer les animaux. Malgré leurs demandes répétées pour que la situation change, rien n’a été fait. « C’était un stress permanent », confie Sébastien.
La nuit où tout a basculé
Ce soir de novembre, la tension a atteint son paroxysme. Alors que sa femme sortait leurs deux chiens, dont un chiot, Symba a surgi dans le hall de l’immeuble. « Les chiens ont commencé à se battre dans l’entrée », raconte Sébastien, alerté par les cris. La scène qu’il découvre est d’une violence inouïe.
Il tente de séparer les animaux, mais sans collier ni laisse, impossible de maîtriser Symba. C’est alors que le chien, jusqu’ici agressif uniquement envers les autres animaux, change de comportement. Il se retourne contre la compagne de Sébastien, puis contre lui, le chargeant et le faisant tomber.
« J’ai juste voulu me défendre »
Dans la panique, sa compagne est allée chercher un couteau dans leur appartement, mais est restée tétanisée. C’est Sébastien qui, se sentant piégé et craignant pour sa vie, a saisi l’arme. « J’ai pris le couteau et j’ai donné des coups jusqu’à ce qu’il tombe », revit-il difficilement.
Il tient à le préciser : « Le fautif ce n’est pas le chien, je ne lui en veux pas du tout ». Aujourd’hui encore marqué, il ne cesse de le répéter, comme pour se convaincre lui-même. « J’ai juste voulu me défendre. C’est très dur pour moi d’avoir dû en arriver là ».