Une sortie en famille à la fête foraine, entre rires et lumières colorées, peut basculer en un instant. Pour les propriétaires d’Uki, un adorable berger australien, ce moment de joie s’est transformé en un véritable cauchemar fin décembre dernier, à Cannes.
Alors que la famille profitait des attractions, leur chienne Uki, attachée à leurs pieds, s’est volatilisée. La panique s’installe immédiatement. Comment un chien peut-il disparaître en quelques secondes au milieu de la foule ? L’angoisse a duré trois longues journées, avant qu’Uki ne soit enfin retrouvée, saine et sauve.
Mais la joie des retrouvailles a laissé place à l’incompréhension. Uki n’était pas perdue, elle se trouvait dans la maison d’une autre famille. S’agissait-il d’un acte de sauvetage maladroit ou d’un vol pur et simple ? C’est la question qui hante aujourd’hui le tribunal.
Un instant d’inattention aux lourdes conséquences
L’enquête a rapidement progressé grâce aux caméras de surveillance de la fête foraine. Les images sont claires : on y voit une femme s’approcher et repartir avec Uki. Identifiée grâce à la plaque d’immatriculation de son véhicule, cette famille s’est retrouvée sur le banc des prévenus.
Devant les juges, la mère de famille, accompagnée de ses deux enfants, a livré sa version des faits. « J’aime les chiens, je n’ai jamais voulu le voler », a-t-elle déclaré. Selon sa défense, le chien semblait seul et abandonné, et leur intention n’était que de lui porter secours.
Kidnapping ou sauvetage ? La justice face à un dilemme
Cette explication peine à convaincre l’accusation. Pourquoi ne pas avoir contacté la police ou un vétérinaire pour identifier les propriétaires grâce à la puce électronique d’Uki ? Pour le procureur, les vidéos contredisent la version d’un simple sauvetage.
L’avocat des propriétaires d’Uki a rappelé une vérité que tous les maîtres connaissent : être arraché à sa famille est une source de stress immense pour un animal. Le statut de l’animal, reconnu comme un « être vivant doué de sensibilité », est au cœur de cette affaire touchante. Le tribunal devra décider si l’intention de nuire était présente. Le délibéré est attendu début mai, laissant deux familles dans l’attente d’une réponse.