C’est une phrase qui choque et interpelle, comme tout droit sortie d’un mauvais rêve pour les amoureux des animaux. « Je ne suis pas Cruella », a dû se justifier la sénatrice Catherine Conconne. La raison de cette défense ? Une proposition de loi qui autoriserait l’abattage de chiens errants en Martinique.
Cette mesure radicale a immédiatement provoqué une vague d’indignation et de colère. Les associations de protection animale sont montées au créneau, dénonçant une solution cruelle et inefficace. Mais pour l’élue, la situation est devenue intenable pour les éleveurs de l’île, qui voient leurs troupeaux décimés par des attaques.
Au cœur du débat se trouve un drame silencieux : celui de centaines de chèvres et de moutons tués par des meutes de chiens revenus à l’état sauvage.
Une solution « de dernier recours »
Face à la détresse des éleveurs, la sénatrice propose d’appliquer une méthode déjà utilisée en métropole pour les loups. Il s’agirait d’autoriser des « tirs de défense » réalisés par des agents assermentés. Une autorisation temporaire et ciblée, uniquement en cas d’attaques répétées et après l’échec de toutes les tentatives de capture.
L’élue insiste sur le fait que cette mesure ne concernerait qu’une ou deux meutes particulièrement problématiques par an. Elle affirme vouloir encadrer une pratique déjà existante, où des éleveurs excédés pourraient être tentés de se faire justice eux-mêmes, avec tous les risques que cela comporte.
Les défenseurs des animaux vent debout
Pour les associations comme la Fondation 30 Millions d’Amis ou la Fondation Brigitte Bardot, la réponse est un non catégorique. Elles qualifient la mesure de « honteuse » et « disproportionnée ». Selon elles, s’attaquer aux conséquences sans traiter les causes est une erreur tragique.
Elles rappellent que l’errance animale est le fruit des abandons, du manque de stérilisation et d’identification. Au lieu d’abattre des animaux qui sont eux-mêmes des victimes, elles appellent à des campagnes de sensibilisation massives et à des moyens renforcés pour la stérilisation. Le sort de ces chiens errants reste aujourd’hui suspendu à une décision qui divise profondément.