C’est une scène de panique que personne ne souhaite vivre. Sur un quai bondé de la Gare de Lyon à Paris, un départ en vacances tourne au cauchemar. Gina, une chatte de 12 ans, prend peur face au bruit et à l’agitation. D’un coup de griffe, elle déchire son sac de transport et s’enfuit, terrifiée.
En quelques secondes, l’animal se réfugie sous le TGV qui s’apprête à partir. Pour sa famille, c’est le début d’une attente insoutenable. Les agents de la SNCF leur donnent un délai de vingt minutes pour récupérer leur chat. Pas une de plus. Vingt minutes pour convaincre un animal paniqué de sortir de sa cachette, sans avoir le droit de descendre sur les voies.
Une course contre la montre au dénouement tragique
Malgré les supplications de ses maîtres, Gina reste figée par la peur. Le temps s’écoule, la pression monte. Les agents restent sur le quai, impuissants ou indifférents, et interdisent à la famille d’intervenir. « Personne ne vous aide et vous êtes le seul à chercher votre chat, avec votre fils en pleurs », témoigne son propriétaire, le journaliste Olivier Benkemoun.
Au bout du délai imparti, la décision tombe : le train doit partir. Il s’ébranle « à pas d’homme », un mouvement lent qui scelle le destin de Gina. Le corps de la petite chatte sera retrouvé coupé en deux. Un drame qui se produit plus d’un an après une affaire similaire, celle du chat Neko à la gare Montparnasse.
Entre protocole et incompréhension
Face à l’indignation, la SNCF évoque un protocole strict et la mobilisation d’une vingtaine d’agents. Une version contestée par la famille, qui assure que personne n’est descendu sur les rails pour tenter de sauver l’animal. Pourquoi un bagage abandonné peut immobiliser un train pour une durée indéterminée, mais un être vivant n’a droit qu’à vingt minutes ?
« Le problème, c’est que ce n’est qu’un chat, donc on peut lui rouler dessus », s’insurge Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis. L’association, qui s’est constituée partie civile, rappelle que Gina était une passagère ayant payé son billet. Pour elle, la conclusion est glaçante : « La SNCF a roulé sur l’un de ses passagers ! » Une plainte a été déposée pour « atteinte volontaire à la vie d’un animal ».